Oui à la panthéonisation d'André Citroën
Patrick Martin a glissé cette petite phrase dans son discours inaugural à l'université d'été du Medef : "Soutenons l'entrée d'André Citroën au Panthéon". L'idée peut surprendre. Elle mérite pourtant d'être regardée de près. André Citroën serait le premier représentant du monde économique à entrer dans ce lieu réservé aux grandes figures de la nation. Et le symbole serait puissant au moment où la France remet l'industrie au centre du débat, entre réindustrialisation, nucléaire, data centers et intelligence artificielle.
Faire entrer André Citroën au Panthéon, ce serait rappeler que la France ne s'est pas seulement construite avec des figures politiques, militaires ou intellectuelles. Elle s'est aussi imposée avec des ingénieurs, des inventeurs et des industriels capables de faire rayonner le pays dans le monde entier. À côté de Jean Moulin, de Simone Veil ou de Joséphine Baker, la comparaison peut sembler audacieuse. Mais elle pose une vraie question : quelle place la République accorde-t-elle à ceux qui ont transformé durablement son économie, son industrie et son image ?
Un industriel au service du pays dès la guerre de 1914
Le parcours d'André Citroën commence bien avant l'automobile populaire. Fils d'immigrés et polytechnicien, il est confronté dès 1914 à une urgence nationale. Envoyé dans les tranchées, il constate que la France manque cruellement de munitions face à l'Allemagne. Il convainc alors les autorités d'ouvrir une usine d'armement à Javel, à Paris. À partir de 1915, André Citroën devient donc d'abord fabricant d'obus.










