Plusieurs ménages posent un diagnostic pessimiste sur l’état de l’économie, même si cette dernière se montre plutôt résiliente. Une clé pour comprendre ce paradoxe réside dans la façon dont le patrimoine freine la mobilité sociale, avance une étude de Desjardins dévoilée lundi.La perception que l’économie se porte mal semble ancrée chez plusieurs ménages. C’est le cas même si les salaires ont augmenté plus vite que l’inflation dans les dernières années, ce qui entraîne une augmentation du pouvoir d’achat.Aux États-Unis, on peut notamment attribuer cette perception à une économie en forme de « K » : un groupe restreint de ménages aisés s’enrichit (les branches du haut de la lettre), tandis que les moins fortunés en arrachent (les branches du bas).Au Québec, on n’en est pas là, constatent les économistes principaux de Desjardins Florence Jean-Jacobs et Sonny Scarfone. Ils notent à ce propos des inégalités de revenus qui ont légèrement diminué depuis 20 ans, une consommation « relativement bien répartie entre les différents groupes de revenu » et un taux d’endettement des ménages soit stable, soit en diminution depuis 15 ans.Des décennies d’épargne pour s’enrichir« Le pessimisme a une source », explique cependant au Devoir Sonny Scarfone. Pour comprendre, il faut se pencher sur l’importance relative du patrimoine et du revenu de travail dans l’économie.« Depuis le début des années 2000, la valeur du patrimoine a augmenté beaucoup plus rapidement que les revenus dans plusieurs pays développés, dont le Canada, observent les auteurs. L’aisance financière des ménages dépend ainsi davantage de la détention d’actifs que par le passé. »
Le poids du patrimoine dans l’économie freine la mobilité sociale, selon une étude
De nombreux ménages sont convaincus que, pour améliorer leur sort, trimer dur ne suffit plus.







