Glucksmann veut prélever sur les héritages pour augmenter les salaires : réaliste ?
La proposition de Raphaël Glucksmann part d’un constat solide : dans le patrimoine des Français, la part de la richesse héritée progresse continuellement, tandis que celle qui vient du travail recule. En 1970, l’héritage représentait environ un tiers du patrimoine, contre deux tiers issus de l’activité de l’individu. Aujourd’hui, le rapport s’est presque inversé.
Le problème est majeur, parce qu’une société d’héritiers est aussi une société où l’échelle sociale se fige. Autrement dit, les chances de s’enrichir se jouent de plus en plus à la naissance. C'est l'inverse de la promesse républicaine, censée permettre à chacun de progresser par son travail et par son talent.
Autre évolution importante : on hérite de plus en plus tard. Avec l’allongement de la durée de la vie, l'âge moyen de l’héritage atteint 56 ans, c'est-à-dire au seuil de la retraite. La transmission du patrimoine ne sert donc plus vraiment à s’établir dans la vie comme auparavant. La richesse passe désormais des très vieux aux vieux.
Pourquoi l'héritage pèse de plus en plus lourdCette évolution s'explique d'abord par un effet générationnel. Les successions actuelles viennent largement de la génération des baby-boomers, qui a beaucoup travaillé, mais qui a aussi bénéficié de conditions économiques bien plus favorables que celles d’aujourd’hui. Cette génération a connu le plein emploi et a pu se constituer un patrimoine immobilier dans une période de forte croissance et de hausse des salaires, qui rendaient l’effort plus supportable.









