Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement M Campus M Campus La bonne paye La bonne paye La bonne paye « La bonne paye ». Chaque semaine, « Le Monde » parle d’argent avec les jeunes, de leurs factures, de leur loyer, de leurs loisirs. Que signifie bien gagner sa vie ? Comment se projettent-ils dans l’avenir ? Cette semaine, Carla revient sur sa reconversion, financée seule, pour exercer un métier qui la fascine depuis l’enfance. Article réservé aux abonnés J’ai 27 ans et je suis thanatopractrice depuis trois ans. Je gagne entre 2 300 et 2 500 euros net par mois. Les revenus sont variables en fonction de l’activité et de la période ; comme en hiver [période de surmortalité], où je peux gagner jusqu’à 2 800 euros. Mon métier, c’est de rendre son identité au défunt. Quand le corps arrive, il est marqué par tous les stigmates que peut entraîner la mort. On procède à des soins de présentation et de conservation pour redonner à la personne l’aspect qu’elle avait de son vivant. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été fascinée par la mort. Je me revois à 9 ans, la pelle à la main, partir dans les bois pour enterrer le lapin d’une amie dans une boîte à chaussures. C’était quelque chose de très codifié et mystérieux pour moi. Au collège, j’étais perçue par mes profs comme une enfant « perturbée » : quand on dit à 13 ans que l’on veut travailler dans le funéraire, c’est mal reçu. J’ai vu beaucoup de psychologues. J’ai grandi à Palau-del-Vidre [Pyrénées-Orientales], une petite commune à côté de Perpignan. Je viens de la classe moyenne. Mes parents travaillaient comme gestionnaires dans leur propre entreprise de transport, mais ils n’avaient pas les moyens de me payer la formation de thanatopracteur. Mon bac pro services à la personne obtenu, c’est ce qui m’a amenée à entrer dans la vie active rapidement, à 19 ans, comme auxiliaire de vie. Je gagnais le smic. J’aimais le contact avec les personnes âgées, le fait de me sentir utile et de répondre aux besoins des gens. Mais ce n’était pas mon métier de cœur, ma vocation. Il vous reste 75.55% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.