Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement « Bon vent ! » (18/18). Catherine Debaussart, 68 ans, a organisé des pots de départ pour les autres toute sa vie. Mais cette ancienne enseignante en collège avait prévenu : elle n’irait pas au sien ! Article réservé aux abonnés « A chaque fois qu’on me parle de pot de départ, je pense au film Mammuth, avec Gérard Depardieu. Il joue un employé d’abattoir qui part en retraite. C’est une scène épouvantable, avec un apéro dans des gobelets en plastique, des craquements de chips pendant un discours pathétique. Alors pour moi, c’était hors de question. Les dix dernières années de ma carrière, j’ai été professeure de lettres dans un collège. Un an avant mon départ, je suis allée voir le chef d’établissement pour lui dire : “Je vous préviens, je ne veux pas de pot de départ !” Des pots, j’en ai organisé toute ma vie. C’est toujours moi qui trouvais le cadeau original, la surprise émouvante. Alors je ne voulais pas mettre mes collègues mal à l’aise. Et puis je n’aime pas être au centre de l’attention. Tous ces gens qui viennent trinquer et qui vous demandent : “Alors, qu’est-ce que tu vas faire ?” Les réponses sont toujours saugrenues. “Oh, moi, je vais faire de la pêche au gros…” Un an plus tard, vous croisez le jeune retraité. Non seulement il n’a jamais pêché un poisson, mais en plus vous l’avez quitté fringant sexagénaire et vous retrouvez un petit vieux. Il a pris dix ans. Il vous reste 63.01% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.