Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement « Bon vent ! » (10/18). Un discours aussi court qu’humiliant de la part de son supérieur : c’est ce qu’a dû subir Cerise, 52 ans, responsable de filière dans une école d’ingénieurs. Article réservé aux abonnés « Je suis là, un peu par la force des choses. Une collègue m’a convaincue de faire un pot de départ. L’équipe pédagogique est réunie dans le foyer de l’école. Il est 9 h 30. Ça sent le café chaud, il y a des croissants et du thé, des fruits. J’ai opté pour un pot du matin, sous la forme d’un petit déjeuner, pour que ça dure moins longtemps qu’un pot alcoolisé en soirée. Une heure devrait suffire. J’aperçois des visages sympathiques, d’anciens collègues et d’anciens élèves sont venus pour me dire au revoir. Je souris, mais je ne ressens rien. C’est comme si j’avais revêtu une armure. Le directeur, ce type qui est à l’origine de ma décision de démissionner sans même savoir où je vais aller ensuite, s’approche. Sa fonction l’oblige à faire un discours. Il me regarde à peine, et lance : “Cerise, fruit de l’été, vous êtes gâtée, les discours les plus courts sont les meilleurs, je vous laisse la parole.” Une blague pourrie, c’est tout ce qu’il a trouvé à dire ! Surprise par la rapidité, moi qui suis comme anesthésiée, j’embraye. Je remercie mes proches collaborateurs, je salue le travail réalisé avec mes équipes en dix années riches et intenses, je suis fière de ce que nous avons construit ensemble. Je prends le temps de dire le plaisir que j’ai eu à œuvrer pour un enseignement de très haut niveau. On me sourit, on m’applaudit. Il y a un bourdonnement de “bravo”, de “merci”… Il vous reste 55.65% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.