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DécryptageDans l’établissement autogéré, c’est la réinsertion qui prime. Et le taux de récidive est très inférieur à celui du système traditionnel. Un système que Flavio Bolsonaro, adversaire de Lula pour la présidentielle du 4 octobre, voudrait pourtant durcir plus encore.

Niché sur une petite colline surplombant une avenue, le centre pénitentiaire de l’Association de protection et d’assistance aux condamnés (APAC) de Sao Joao del-Rei, une ville du sud-est du Brésil à l’architecture coloniale, ne ressemble en rien à une prison traditionnelle. Les bâtiments, qui accueillent 297 détenus, sont peints d’un bleu vif et sont entourés de jardins ornés de fleurs et de fontaines en pierre. Pour y entrer, nulle obligation d’être fouillé par un gardien armé. Il suffit de se présenter devant un portail où un détenu, après avoir vérifié l’identité du visiteur, lui souhaite la bienvenue.

A l’image des 70 prisons du réseau APAC, fondé en 1972 par une fraternité religieuse catholique, le centre de détention de Sao Joao del-Rei applique une méthode d’incarcération alternative à celle des prisons conventionnelles brésiliennes, marquées par une forte surpopulation, des mutineries et la domination des groupes criminels Comando Vermelho et Primeiro Comando da Capital. Les 7 000 personnes incarcérées dans ses établissements, sélectionnées par les juges au regard de leur bon comportement dans leur lieu de détention initial et de leur motivation, ne portent pas d’uniforme et passent la plupart de leur temps hors de leur cellule : elles s’occupent elles-mêmes de la cuisine, du ménage et même de la sécurité du site.