En tournée en Europe, l’Orchestre symphonique de Montréal se produira cette semaine à Varsovie avec, comme solistes, le Canadien Kevin Chen, dimanche, et Eric Lu, lundi. L’Américain, vainqueur du concours Chopin 2025, jouera le 1er Concerto du compositeur polonais. Le Devoir a voulu échanger avec ce pianiste raffiné que nous suivons de près depuis 2020.Si la victoire d’Eric Lu a été accueillie dans un étrange tumulte, amplifié par l’agitation instantanée des réseaux sociaux, elle nous a grandement réjouis.C’est Charles Richard-Hamelin qui nous avait parlé de son collègue en 2020. Il nous avait révélé s’être lié d’amitié avec lui lors du concours 2015, auquel Eric Lu avait participé à l’âge de 17 ans. Notre discussion avec Charles, mais aussi avec Magali Simard-Galdès et Stéphane Tétreault, en mai 2020, avait pour thème la manière dont une pandémie pouvait casser l’envol d’une carrière. Les premières pensées de Charles Richard-Hamelin allaient alors à son collègue et ami Eric Lu, quatrième du Concours international de piano Frédéric-Chopin 2015. « Eric a gagné le concours de Leeds il y a un an et demi [en 2018]. Il est au cœur du début de sa carrière, avec plein de concerts. C’est comme si, pour moi, cette pandémie avait eu lieu en 2016-2017, au moment où l’on m’offrait de grands tremplins. » Par rapport à Eric Lu, Charles s’estimait alors « un peu chanceux dans le malheur ».Un marchéUne des critiques adressées à Eric Lu lorsqu’il a gagné le Concours Chopin 2025 était : que venait-il faire là ? C’était oublier un peu vite, une fois le résultat acquis, les risques qu’il prenait de tout perdre ! Eric Lu aborde avec nous ce retour au Concours, en 2025, à Varsovie, réflexion qu’il voit comme « une discussion assez complexe, qui implique d’ouvrir une boîte de Pandore sur le fonctionnement de l’industrie musicale », considérant que « certains des aspects négatifs de cette industrie, qui ont toujours été là, sont devenus encore plus extrêmes ces dernières années ».