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ReportageDirigée depuis 2023 par un maire chrétien-démocrate, la capitale allemande fait figure d’exception dans un contexte national marqué par la montée de l’extrême droite.

Le van et sa remorque aménagée en panneau électoral ambulant se fraient un chemin dans la circulation dense de la fin d’après-midi. A deux reprises, ils remontent la grande artère qui entaille le parc du Tiergarten et débouche sur la porte de Brandebourg avant de bifurquer vers le bâtiment du Reichstag, le long de l’ancien tracé du mur de Berlin. Une photo est imprimée en format 4 × 3 sur les deux flancs de la remorque : un cliché d’archive en noir et blanc de cette même place bloquée par des barbelés et des soldats. « Pour une politique qui ne bâtit pas de mur », proclame le slogan en lettres rouges. Juste au-dessous, trois lettres signent l’opération : le parti de gauche radicale BSW (Alliance Sahra Wagenknecht, nom de sa dirigeante prorusse) a choisi symboliquement le jeudi 13 août, 65e anniversaire de la construction du Mur par le régime communiste, pour lancer sa campagne en vue des élections du 20 septembre dans la ville-Land de Berlin.

« Comment peut-on oublier l’histoire à ce point ? », s’étonne Bruno Rehm, 85 ans. Le retraité habite depuis treize ans à Berlin et avoue que sa « fascination pour cette ville reste intacte car Berlin porte un message fort de liberté ». Malgré la chaleur, il a quitté son appartement d’un quartier bourgeois pour visiter la petite exposition temporaire installée derrière la porte de Brandebourg. « Nous nous sommes interrogés sur la pertinence de l’événement autour des 65 ans du Mur, admet Simone Leimbach, du comité d’organisation Kulturprojekte Berlin. Mais nous nous sommes rendu compte que rappeler ce qu’on perd quand on attaque la démocratie, c’est plus important que jamais. »