C’est une station-service comme il y en a des centaines le long des routes rurales du Québec, avec ses pompes, son garage et son dépanneur. La station Daniel de Ripon pourrait toutefois devenir un jalon important de l’histoire foisonnante de l’économie sociale de ce petit village de l’Outaouais.Le poste d’essence est en voie d’être racheté par la coopérative Place du marché, qui rassemble des producteurs agricoles et des commerçants de la région de la Petite Nation.À l’aube d’une retraite bien méritée, son propriétaire, Daniel Sabourin, cherchait à vendre depuis trois ans lorsqu’il a été approché par la coop. « On a eu trois, quatre offres avant, mais c’est sûr qu’avec la coop, on est plus ouvert que si c’étaient des gens de l’extérieur. C’est local, c’est le fun », dit-il, au milieu du ballet des camions qui viennent s’approvisionner en carburant dans le commerce qu’il gère depuis 30 ans.
La station-service ne deviendra pas une coopérative de consommateurs ou un organisme à but non lucratif (OBNL) pour autant. Elle restera sous la bannière Ultramar, mais servira à financer les activités de la coop. Les futurs propriétaires ont l’intention d’y donner une place plus grande aux produits locaux et, bien sûr, d’y introduire la monnaie locale, la Petite-monnaie.« Ils sont jeunes et ils ont de belles idées. On est tellement content que ce soit du monde de la place qui reprenne la station. [Le niveau] n’ira pas en baissant. Ils ont une belle vision », se réjouit Daniel Sabourin, qui compte bien donner un coup de main aux repreneurs. « On dirait qu’à Ripon, ce n’est pas comme dans les autres villages. Les gens se tiennent et s’entraident beaucoup. »Pour la coopérative Place du marché, l’occasion d’élargir ses activités était trop belle pour la laisser passer. « C’est un projet de diversification un peu “en dehors de la boîte”. […] À long terme, on espère que ce soit une source de revenu stable pour la coopérative », explique son directeur général, Vincent Ouellette-Destroismaisons, qui y voit un moyen d’asseoir la pérennité de l’entreprise à vocation sociale.Baptisé Station Ripon, le projet a le vent dans les voiles.Depuis le lancement d’une campagne de financement au printemps, près de 200 000 $ ont déjà été amassés sous forme d’obligations communautaires, soit le double de l’objectif que s’étaient fixé les organisateurs. « On a été engloutis de demandes de gens qui voulaient investir. On a dû arrêter d’en faire la promotion », raconte M. Ouellette-Destroismaisons, encore étonné de la réaction des Riponnais à l’initiative.







