« Que peut nous apprendre l’Histoire ? », se demande Renaud Meltz dans un récent essai où il partage son inquiétude sur l’avenir de la démocratie libérale, menacée par des pouvoirs autoritaires défendant des intérêts oligarchiques. Directeur de recherche au CNRS, cet historien est l’un des contributeurs du remarquable Vichy. Histoire d’une dictature 1940-1944 (Tallandier, 2025), ouvrage collectif dirigé par Laurent Joly qui réunit toutes les dernières découvertes sur la France de Pétain.Après avoir publié une biographie du poète Saint-John Perse qui fut aussi diplomate sous son nom d’Alexis Léger, secrétaire général du Quai d’Orsay de 1933 à 1940, et avant d’arpenter La France des années 1930, Renaud Meltz s’est fait connaître par une biographie sans égale de Pierre Laval, l’homme qui symbolise toute l’abjection de Vichy. Figure de la République parlementaire, ce politicien aussi roué qu’affairiste incarne ces temps où, dans un mélange d’avidité et d’aveuglement, il n’y a que la première marche qui coûte pour dévaler un escalier de perdition morale – jusqu’à participer au crime de génocide des juifs d’Europe.Qu’a donc Vichy à nous apprendre aujourd’hui, à quelques mois d’une élection présidentielle à l’issue de laquelle l’extrême droite qui en est l’héritière, fédérée dans sa diversité par la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, risque de prendre sa revanche, après avoir été défaite en 1945, puis humiliée par la décolonisation ? Réponse dans ce deuxième épisode d’une « Échappée » qui revisite ce passé plein d’à présent.La prochaine émission de la série « 1940, quand la France s’effondre », avec la sociologue Nonna Mayer, sera diffusée à partir du vendredi 21 août, à 19 heures.Retrouvez tous les numéros de « L’échappée » sur Mediapart.