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ReportageEchouant à chasser quelques « jeunes des collines », la hiérarchie militaire s’est tournée contre leurs victimes palestiniennes. L’Etat craint que ces militants radicaux n’attirent des critiques de Washington contre des projets de colonisation plus ambitieux.
Ce serait une pièce comique, un vaudeville, si des vies n’étaient pas en jeu. Depuis mercredi 12 août, des soldats israéliens entrent et sortent de maisons isolées sur une colline de Qusra, en Cisjordanie occupée. Ils font claquer des portes. Ils ordonnent aux propriétaires palestiniens de quitter les lieux, ce que ceux-ci refusent. L’armée prétend les chasser de chez eux pour les protéger de colons israéliens qui ont planté une tente au pied de leurs maisons, coupé l’eau, l’électricité, la route, et qui les harcèlent afin de s’emparer de leurs terres.
Depuis deux jours, les militaires se couvrent de ridicule en échouant à évacuer cette poignée de militants juifs, suscitant un débat national en Israël, où la prise de contrôle des institutions de l’Etat par les colons embarrasse. Une première opération a tourné court mardi : les « jeunes des collines » (colons radicaux) ont résisté. Les soldats ont tiré des grenades assourdissantes puis ont rebroussé chemin, laissant quelques gardes aux côtés des colons, qui interdisent l’accès à la presse. L’état-major a déployé une nouvelle brigade dans la zone et a dépêché les plus haut gradés de Cisjordanie : leur chef, Avi Bluth, parlemente. L’ambassadeur américain Mike Huckabee, fervent soutien de la colonisation, a dénoncé le coup de force des militants : il y voit un acte de « terrorisme juif ».














