Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Intelligence artificielle Intelligence artificielle Intelligence artificielle Tribune Stéphane Troussel Président (PS) du département de Seine-Saint-Denis Après le retrait du permis de construire d’un projet de centre de données au Bourget, Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, appelle, dans une tribune au « Monde », à un temps de pause et de concertation, dans l’intérêt des habitants. Publié aujourd’hui à 05h45 Temps de Lecture 3 min. Read in English Article réservé aux abonnés Emblématiques de la révolution numérique à l’œuvre, les data centers pullulent dans l’Hexagone. La « data center nation » serait ainsi née, et l’Ile-de-France, sa figure de proue, concentrerait plus d’un tiers du parc national. Pourtant, le 28 juillet, le tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) a validé la décision de la municipalité du Bourget de retirer le permis de construire à un projet de centre de données. Cette décision locale montre à quel point le sujet nécessite une pause à des fins de régulation et de préservation. Dans le département, 27 data centers quadrillent le territoire, et la tendance ne semble pas près de s’inverser, au contraire. La proposition de loi censée encadrer leur implantation a été adoptée au Sénat le 25 mars, mais vidée d’une bonne partie de son ambition : taxation de l’eau de refroidissement abandonnée, deux articles sur trois supprimés, et un texte qui ouvre lui-même la voie au statut de « projet d’intérêt national majeur » pour les data centers. Transmis à l’Assemblée nationale, il attend toujours, près de cinq mois plus tard, d’être inscrit à l’ordre du jour. Alors que les bouleversements climatiques causés par l’activité humaine nous invitent à faire preuve de plus de résilience et de sobriété, l’Agence de la transition écologique [ex-Ademe] note, dans une étude parue en janvier, l’incompatibilité entre la hausse de la consommation énergétique liée à la multiplication des data centers et les engagements pris dans le cadre des accords de Paris, signés au Bourget (en 2015). Ironie de l’histoire, c’est dans cette même ville qu’un immense data center de 35 000 mètres carrés est en projet. Cependant, là comme ailleurs, le développement de ces mastodontes, à l’abri des regards et sans concertation, suscite des levées de boucliers et des interrogations parfois légitimes. Même si certains veulent voir dans cette prolifération une nouvelle ruée vers l’or, le développement anarchique des data centers relève davantage du Far West que de l’eldorado numérique. Ainsi, le sommet sur l’intelligence artificielle, qui s’est tenu en février 2025, à Paris, a jeté les bases d’un assouplissement des cadres réglementaires en vue de faciliter l’implantation toujours plus rapide et toujours plus nombreuse des data centers en France. De plus, la loi de simplification de la vie économique, promulguée le 26 mai, généralise ce même statut à l’ensemble des grands projets numériques. Il vous reste 53.74% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« En France, le développement anarchique des data centers relève davantage du Far West que de l’eldorado numérique »
TRIBUNE. Après le retrait du permis de construire d’un projet de centre de données au Bourget, Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, appelle, dans une tribune au « Monde », à un temps de pause et de concertation, dans l’intérêt des habitants.










