Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement « Bon vent ! » (9/18). Un tour en transpalette dans le Leclerc de Sarrebourg (Moselle), assise sur le fauteuil du Père Noël : dans la grande surface où elle a travaillé toute sa vie, Muriel Jamet, 63 ans, a eu droit à tous les honneurs. Article réservé aux abonnés « Un vendredi d’août 2024. J’avale un petit déjeuner, je prends ma voiture et je me gare dans le parking du magasin, sur une des places réservées au personnel. Je connais chaque millimètre carré des lieux par cœur, je pourrais presque me garer les yeux fermés. Cela fait quarante-deux ans que je travaille ici, au Leclerc de Sarrebourg [Moselle]. J’ai commencé en janvier 1983, avant même que le magasin ouvre ses portes. Pour mon avant-dernier jour de travail, je suis encore dans le déni de la retraite. J’aime tellement mon boulot. Je traverse le parking à pied et j’aperçois mon successeur, le nouveau responsable du service textile. Il m’attend à l’entrée. Je trouve ça bizarre. Peut-être qu’il y a eu un problème au magasin ? Je salue mon remplaçant, qui me répond avec un petit sourire en coin. On franchit la porte du magasin ensemble, et là, je tombe sur un attroupement de salariés qui forment une grande haie d’honneur à côté des caisses. En quarante-deux ans, je n’ai jamais vu cela. D’habitude, les départs sont fêtés avec un cocktail ou un petit apéritif entre collègues. Il vous reste 64.26% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.