Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Culture Culture Culture Cinéma Cinéma Cinéma Entre science-fiction préhistorique et satire de l’Amérique pavillonnaire, David Robert Mitchell détourne avec ironie les codes du blockbuster de Steven Spielberg et signe un film de série B aussi délirant que retors. Article réservé aux abonnés L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR Sorti en catimini au creux de l’été par le studio Warner Bros, qui semble ne trop savoir qu’en faire, La Fin d’Oak Street est l’une de ces aberrations dont Hollywood, désorienté depuis l’épidémie de Covid-19, a désormais le secret. Qu’on en juge par son concept de série B délirante – un caprice à 85 millions de dollars (75 millions d’euros) –, qui propulse un quartier pavillonnaire américain en plein jurassique, où une famille ordinaire se retrouve aux prises avec des hordes de dinosaures. Aux manettes, on retrouve, d’un côté, le réalisateur David Robert Mitchell, champion des charades pop (It Follows, 2015 ; Under the Silver Lake, 2018), et, de l’autre, le producteur J. J. Abrams, « bébé Spielberg » revendiqué. Comme on pouvait s’y attendre de la part d’un tel attelage, La Fin d’Oak Street est moins un film d’action au premier degré qu’un exercice sur la fiction, bien plus retors que son argument rustique ne le laissait supposer. Le résultat se révèle, en définitive, aussi surprenant que savoureux. Sous ses dehors d’hommage à Jurassic Park (1993), le film détourne méthodiquement l’univers spielbergien qui a façonné l’imaginaire américain durant des décennies. Nous sommes en 1982, dans un quartier trop tranquille de l’Amérique pavillonnaire, tout droit sorti d’E.T., l’extra-terrestre (1982, comme par hasard) ou de Rencontres du troisième type (1978). Une enclave qui, vue du ciel, compose une parfaite carte postale des Etats-Unis des années 1980. Il vous reste 69.96% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.