La série A posteriori le cinéma se veut une occasion de célébrer le 7e art en revisitant des titres phares qui fêtent d’importants anniversaires.
Seth Brundle, un scientifique excentrique, a mis au point un appareil de téléportation. Pour l’instant, cependant, seuls des objets inanimés peuvent être dématérialisés dans un « télépod », puis reconstitués dans un autre. Toute matière organique ou tout être vivant se voit recréé en bouillie mutante. Veronica, une journaliste inquisitrice, enregistre les avancées de Seth qui, un soir, décide de se téléporter lui-même. Hélas, une mouche se glisse avec lui dans l’appareil. De la fusion des ADN de Seth et de l’insecte résulte une métamorphose graduelle aussi terrifiante que répugnante. Sorti il y a 40 ans ce mois-ci, The Fly (La mouche) demeure le plus gros succès en carrière de David Cronenberg.Le film est librement adapté d’une nouvelle de George Langelaan publiée en 1957, ainsi que du film de Kurt Neumann paru l’année suivante. En un rare cas d’exception qui confirme la règle, le remake s’avère meilleur que l’original.
Longtemps en développement, le projet ne prit réellement son essor qu’à l’arrivée de Mel Brooks à titre de producteur. Avec sa société Brooksfilm, le réalisateur de Young Frankenstein (Frankenstein Junior ; 1974) venait de triompher en produisant Elephant Man (L’homme éléphant ; 1980).De la même manière qu’il avait insisté pour que le studio Paramount donne sa chance au nouveau venu David Lynch sur la foi d’Eraserhead, Brooks insista auprès de 20th Century Fox pour que David Cronenberg réalise The Fly.Débuts hollywoodiensIl faut dire qu’après le succès de Scanners, en 1981, le nom du cinéaste canadien avait commencé à circuler à Hollywood : Universal avait distribué Videodrome en 1983, et Paramount l’avait embauché la même année pour réaliser The Dead Zone, d’après le roman de Stephen King.Dans son commentaire audio enregistré pour le DVD de The Fly, Cronenberg révèle : « Le scénario de Chuck [Charles Edward Pogue] m’a beaucoup attiré. Je m’y suis tellement reconnu que j’en ai été surpris. Je n’avais jamais lu un scénario avec autant d’éléments qui me ressemblaient. »De fait, The Fly atteint des sommets en matière d’horreur corporelle (« body horror »), sous-genre horrifique peu ou prou créé par Cronenberg avec Shivers (Frissons ; 1975), où des parasites transforment les habitants d’un immeuble en zombies libidineux, Rabid (Rage ; 1977), dont l’héroïne dotée d’une excroissance phallique sous l’aisselle propage un virus, et The Brood (Chromosome 3 ; 1979), où une thérapie révolutionnaire provoque des mutations chez les patients.









