Publié le 11 août 2026 à 15:21.
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Acteur célèbre en Allemagne, Edgar Selge s’est mis à l’écriture à plus de 70 ans pour reconstituer son histoire familiale, entre souvenirs et fiction, et c’est une magnifique réussite. Il a su retrouver le regard de l’enfant de 12 ans qu’il a été, cherchant sa place dans la fratrie, entre des parents qui, eux-mêmes, ne parviennent pas à trouver la leur dans le monde d’après-guerre qui ne veut pas d’eux. Avec leurs trois aînés, ils ont dû fuir leur ville, Königsberg, devenue Kaliningrad, pour s’établir dans une petite ville de Westphalie, Herford. C’est là que le troisième fils est mort, à 9 ans, en manipulant une grenade oubliée, laissant les parents dans un deuil sans fin. Puis Edgar est né, en 1948, suivi par Andreas, le petit dernier.Ecrit en partie pendant la pandémie, le récit est composé d’une vingtaine de souvenirs qui vont et viennent dans le temps en grande liberté. Parfois, le vieil homme prend la parole, ses parents lui apparaissent en rêve. Sa mère, tout heureuse, lui dit dans l’un d’eux «Tu nous as enfin trouvés». C’est une réconciliation, car leurs rapports de leur vivant étaient tout sauf sereins. Quelles sont les limites de l’amour? Le récit se clôt sur une lettre bouleversante adressée à Andreas, le cadet décédé, un aveu lucide de chagrin et de pitié.






