« Léon Degrelle », de Frédéric Saenen, Perrin, 360 p., 24 €, numérique 17 €.
A voir la trace qu’il a laissée dans les repaires de la droite la plus extrême, Léon Degrelle, fondateur du mouvement Rex et dirigeant de la Légion Wallonie, fascine toujours. Avant de mourir, il espérait disait-il, « offrir un nouveau siècle » à tous les fascistes. Dans l’ouvrage imposant qu’il consacre à l’ex-« Führer des Wallons », Frédéric Saenen estime qu’il aura été en effet l’un de ceux qui auront préparé l’avènement de l’époque actuelle, caractérisée, écrit l’essayiste, par « le confusionnisme idéologique, la paranoïa complotiste et le retour des haines mortifères ».
De sa naissance en 1906 à Bouillon, au cœur de l’Ardenne belge, jusqu’à sa mort à Malaga (Espagne), en 1994, le « Beau Léon » a suscité un intérêt constant qu’analyse avec minutie l’auteur, directeur de la Revue générale, revue belge de sciences humaines. Condamné à mort par la Belgique en 1945, Degrelle termina sa vie en Espagne en livrant des propos négationnistes ahurissants (« Qu’on me mette dans une de ces chambres [à gaz](…) et vous verrez, une demi-heure après, je ressortirai tout flambard et nous irons boire un verre »). Avant cela, il traversa le XXe siècle en passant allègrement d’une conviction à l’autre. Poète, pamphlétaire antibolchevique, journaliste puis patron de presse, il glissa progressivement d’un catholicisme non conformiste à un populisme violent, puis au nazisme. Il fut, en tout cas, toujours fasciné par la guerre, qui entraîna l’exode de sa famille devant les troupes allemandes en août 1914, mais allait, trente ans plus tard, faire de lui le Volksführer der Wallonen.






