Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Fin de vie Fin de vie Fin de vie Tribune Hélène Rossinot Médecin spécialiste de santé publique Mickaël Worms-Ehrminger Chercheur en santé publique La loi sur l’aide à mourir ne garantit aucun soutien psychologique à « ceux qui restent une fois que tout est fini », alertent la médecin Hélène Rossinot et le chercheur Mickaël Worms-Ehrminger, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 10h00, modifié à 11h22 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Entre le 26 mai et le 15 juillet, sans que personne ou presque ne le remarque, le législateur français a profondément altéré l’image et la dignité de millions d’aidants. Il n’aura fallu que sept semaines pour que l’on passe d’une loi sur les soins palliatifs qui reconnaît l’entourage d’un mourant et son besoin de soutien à la loi relative au droit à l’aide à mourir, définitivement adoptée le 15 juillet, dans laquelle les proches aidants apparaissent comme une variable d’ajustement. Dans la première loi, les soins palliatifs devaient procurer « le soutien psychologique et social nécessaire », des maisons d’accompagnement étaient censées offrir une aide « aux proches aidants et aux proches endeuillés », et un rapport devait préparer la réforme du congé de solidarité familiale et de son allocation, ainsi que de l’accès au répit – grâce à des séjours et des relais offrant aux aidants la possibilité de souffler quelques jours, pendant qu’une structure ou un professionnel prend soin de leur proche. Dans la seconde loi, tout partait d’un bon sentiment, car il était après tout question que le médecin « propose à la personne et à ses proches de les orienter vers un psychologue ou un psychiatre et s’assure, si elle le souhaite, qu’elle puisse y avoir accès ». On notera cependant le « elle », au singulier, dans la deuxième partie de la phrase. Car – et ce fut assumé dans les débats parlementaires autour de cette loi –, ce n’est pas un oubli, ni une faute de grammaire : l’assurance de l’accès ne concerne pas les proches. Cheville ouvrière silencieuse En commission, un amendement proposait de garantir aux proches ce même accès effectif ; il a été rejeté, l’une des rapporteurs assumant sans détour que le médecin « ne s’assure que de l’accès du patient », et le rapporteur général objectant que les ressources médicales n’étaient « pas extensibles ». Pire encore, quelques minutes plus tard, le rapporteur général déclarera : « Combien y a-t-il de proches ? Comment définir un proche ? (…) La procédure doit d’abord être consacrée au malade. » Il vous reste 67.76% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.