Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Fin de vie Fin de vie Fin de vie Tribune Lisa Belluco Députée Dominique Potier Député Stéphane Peu Député Dans une tribune au « Monde », trois élus de gauche expliquent les raisons de leur opposition à la proposition de loi créant un droit à l’aide active à mourir, qui doit faire l’objet d’un vote solennel, mardi, à l’Assemblée. Publié aujourd’hui à 18h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Les trois mots de notre devise républicaine expriment de façon éclatante le génie de la Révolution française. La sobriété de l’énoncé lui donne son caractère intemporel et universel. Il nous appartient, génération après génération, d’en écrire la grammaire. La gauche doit aujourd’hui faire face à un défi : articuler entre eux les concepts de liberté, d’égalité et de fraternité au cœur du débat législatif sur la fin de vie. Les sources philosophiques humanistes ne manquent pas pour justifier à gauche le refus de la loi dite d’« aide à mourir » : de la tradition solidariste de Léon Bourgeois (1851-1925) au personnalisme d’Emmanuel Mounier (1905-1950), en passant par le matérialisme de Karl Marx (1818-1883) ou la vision écologique d’Ivan Illich (1926-2002). Qu’elles mobilisent le respect du vivant, nos interdépendances sociales ou encore l’interdit de donner la mort comme acte fondateur de notre civilisation, les arguments sont nombreux pour résister à ce qui s’apparente à une fiction libérale. Mais c’est peut-être dans le corpus idéologique le plus radical de la gauche – à la croisée du socialisme et du républicanisme – que nous pouvons trouver, au mitan du XIXe siècle, la meilleure façon d’éclairer le temps présent. Le débat politique de la IIe République (1848-1852) est alors structuré par l’opposition entre libéraux et « fraternitaires ». La République sociale est au cœur d’un vaste mouvement intellectuel et politique qui se manifeste ici par le projet de l’Encyclopédie nouvelle, là par la création de la « commission du Luxembourg » sur la question du travail. Figure des « fraternitaires », Constantin Pecqueur (1801-1887) combat de façon lumineuse la conception négative et libérale de la liberté. Il met en avant trois principes fondamentaux. D’abord, l’individu ne s’appartient pas lui-même : chacun a des droits et des devoirs réciproques corrélatifs envers ses semblables. Sans cette dépendance mutuelle nourrie par la fraternité, c’est l’esclavage. Ensuite, l’interventionnisme étatique et les institutions sociales sont nécessaires pour garantir cette solidarité : le droit et la justice que se donne chaque société à un moment donné fixent les limites de la liberté privée. Enfin, l’égalité devant la loi ne saurait garantir la liberté effective de chacun et de tous : la liberté réelle nécessite l’égalité des conditions matérielles. Il vous reste 63.28% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Aide à mourir : « Sous couvert de progressisme, ce texte est rupture d’égalité, illusion de liberté, travestissement de la fraternité »
TRIBUNE. Dans une tribune au « Monde », trois élus de gauche expliquent les raisons de leur opposition à la proposition de loi créant un droit à l’aide active à mourir, qui doit faire l’objet d’un vote solennel, mardi, à l’Assemblée.










