Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Fin de vie Fin de vie Fin de vie Tribune Daniel Borrillo Juriste Une approche libérale de la fin de vie suppose de dépasser les conceptions paternalistes selon lesquelles l’Etat ou les institutions religieuses pourraient définir ce qu’est une « bonne mort », affirme Daniel Borrillo, juriste spécialisé en bioéthique, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 15h33 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Plus qu’un simple clivage entre la vie et la mort, l’interminable controverse sur la fin de vie interroge fondamentalement notre rapport à la liberté. Le 26 mai, un premier texte sanctuarisait l’accès universel aux soins palliatifs. Le 30 juin, l’Assemblée nationale devrait adopter définitivement le second volet sur l’aide active à mourir. Cette double étape marque l’aboutissement d’un processus de maturation démocratique engagé en France depuis près d’un demi-siècle. Ce débat ne surgit pas ex nihilo. Dès 1978, le sénateur Henri Caillavet défendait déjà un « droit de vivre sa mort ». Depuis lors, le législateur français a avancé par étapes successives : droit aux soins palliatifs en 1999, possibilité de refuser un traitement en 2002, reconnaissance des directives anticipées et interdiction de l’obstination déraisonnable en 2005, droit à une sédation profonde et continue jusqu’au décès en 2016. Aucune de ces avancées n’avait toutefois franchi le seuil de l’aide active à mourir. Le débat actuel s’inscrit également dans une histoire humaine, marquée par les visages emblématiques de Vincent Humbert, Chantal Sébire, Anne Bert ou encore Alain Cocq. Ces trajectoires individuelles ont révélé les limites d’un droit qui reconnaissait déjà la liberté de refuser de vivre, mais refusait encore d’accompagner certains patients dans leur volonté de mourir. La France ne fait plus exception puisqu’un nombre important de démocraties occidentales a légalisé ou encadré l’aide active à mourir à la suite de larges débats publics et sous de strictes garanties juridiques. Dans l’Hexagone, le soutien majoritaire de l’opinion publique repose souvent sur une logique compassionnelle. Il s’agirait effectivement d’abréger des souffrances insupportables. Cette justification est légitime, mais insuffisante. Car le véritable enjeu philosophique réside ailleurs, à savoir dans la reconnaissance de l’autonomie individuelle et de la souveraineté de chacun sur son propre corps et sur son existence. Une approche résolument libérale de la fin de vie suppose de dépasser les conceptions paternalistes selon lesquelles l’Etat ou les institutions religieuses pourraient définir à la place des individus ce qu’est une « bonne mort ». Il vous reste 66.55% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Fin de vie : « Le rôle de l’Etat n’est pas de décider à la place des individus »
TRIBUNE. Une approche libérale de la fin de vie suppose de dépasser les conceptions paternalistes selon lesquelles l’Etat ou les institutions religieuses pourraient définir ce qu’est une « bonne mort », affirme Daniel Borrillo, juriste spécialisé en bioéthique, dans une tribune au « Monde ».






