Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Culture Culture Culture Opéra Opéra Opéra Dominée par le rôle-titre de Philippe Sly et par l’Ange de Lauranne Oliva, la nouvelle production de l’unique opéra d’Olivier Messiaen a laissé le public entre joie et sidération. Article réservé aux abonnés L’abandon est total, l’esprit complètement fourbu et l’émotion à son comble lorsque enfle jusqu’au cri l’immense crescendo orchestral qui parachève le Saint François d’Assise, d’Olivier Messiaen (1908-1992). L’opéra-fleuve du grand compositeur français (six heures de spectacle avec deux entractes), créé en 1983 à l’Opéra de Paris a retrouvé, trente-quatre ans après la version colorée de Peter Sellars (en 1992, reprise en 1998), les parois minérales du Manège des rochers (Felsenreitschule). Une nouvelle production salzbourgeoise confiée à Romeo Castellucci, double hommage de Markus Hinterhäuser à son mentor et prédécesseur, Gerard Mortier (1943-2014). Lequel signait, en 1992, le manifeste de son premier mandat de directeur artistique de l’ère post-Karajan avec la figure du « Poverello », mort à Assise en 1226, il y a juste huit cents ans. Lire l’entretien avec Markus Hinterhäuser, intendant du Festival de Salzbourg (en 2025) : Article réservé à nos abonnés « Nous vivons un temps où l’imaginaire apocalyptique hante le monde » Le monde s’est-il à ce point ensilencé, assombri, déplumé ? Errance de l’âme, solitude au désert, épreuves charnelles : la métaphore scénique déployée par Romeo Castellucci frappe par la beauté des scènes et des images, par l’implacable cruauté qui les accompagne. Avons-nous encore le choix de la sainteté alors que le salut nous est refusé ? Tout l’opéra n’est qu’un douloureux adieu à la transcendance. Il commence par le prélude d’une scène muette : François quitte sa ville, ses vêtements et ses parents. C’est dans le combat du dépouillement que ce soldat de la pauvreté s’engage, un chemin de privations jalonné d’épreuves. Il vous reste 76.77% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.