Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Réseaux sociaux Réseaux sociaux Réseaux sociaux Tribune Hedda van ’t Land Psychologue Plutôt que d’interdire ou de limiter l’accès aux plateformes numériques, la psychologue Hedda van ’t Land estime, dans une tribune au « Monde », que les autorités devraient réfléchir à l’environnement numérique comme à un enjeu majeur de santé publique. Publié aujourd’hui à 05h45 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Le Parlement français vient d’adopter [le 21 juillet] une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans. La France devient le premier Etat membre de l’Union européenne à franchir ce pas. L’objectif est légitime : protéger les jeunes des effets des réseaux sociaux sur leur santé mentale, leur sommeil et leur développement. Le débat dépasse désormais les frontières françaises. La Commission européenne prépare elle aussi de nouvelles mesures destinées à renforcer la protection des mineurs en ligne. L’ensemble du débat européen semble converger vers une même réponse : limiter, retarder ou interdire l’accès aux plateformes numériques. Cette évolution est compréhensible, mais elle risque de passer à côté de l’essentiel. Depuis plusieurs décennies, la santé publique a profondément transformé notre manière de penser la prévention. Nous savons aujourd’hui que la santé dépend non seulement des choix individuels, mais aussi des environnements dans lesquels ces choix prennent forme. Nous avons rendu les villes plus sûres, réduit l’exposition au tabac, développé les espaces verts et favorisé les mobilités actives. Dans tous ces domaines, le principe est identique : il est plus efficace de concevoir un environnement favorable que de demander aux individus de résister en permanence à un environnement défavorable. Pourquoi ne pas considérer l’environnement numérique comme un déterminant de santé publique, au même titre que l’environnement physique ? Les adolescents ne grandissent plus uniquement dans leur famille, à l’école ou dans leur quartier. Une part croissante de leur vie se déroule dans un environnement numérique devenu un lieu de socialisation, d’apprentissage et de construction identitaire. Si les quartiers, les écoles et les espaces publics influencent la santé, il est temps de reconnaître que l’environnement numérique constitue lui aussi un déterminant majeur de la santé publique. Pourtant, contrairement aux espaces physiques, cet environnement n’a jamais été conçu avec cet objectif. Il est principalement organisé pour des raisons économiques : maximiser le temps d’attention, l’engagement et les revenus publicitaires. C’est précisément là que réside le problème. Il vous reste 63.62% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.