Ils ont regardé le monde à travers leur objectif. Au fil de cette série d’été, Le Devoir part à la rencontre de grands photographes québécois dont l’œuvre a façonné notre mémoire des êtres, des lieux et du temps. Troisième portrait : Michel Campeau.
Avant de devenir une sorte de grand archiviste de l’histoire de la photographie argentique, Michel Campeau en a d’abord été l’un de ses praticiens les plus importants au Québec. Depuis plus de 50 ans, son œuvre accompagne les profondes transformations de la photographie d’ici.Au début des années 1970, Campeau est membre du Groupe d’action photographique (GAP). Ce collectif entend faire de la photographie un véritable instrument de connaissance sociale autant qu’un langage artistique. « J’ai quitté mon milieu pour partir à la rencontre de photographes parce que je ne voulais pas gagner ma vie à la perdre. J’étais au départ un coloriste. Je ne jurais que par les diapositives ! Puis, on m’a fait comprendre que, pour travailler sérieusement, il fallait passer par le noir et blanc. Ce n’est que plus tard, avec mes projets sur les chambres noires notamment, que je suis revenu à la couleur. »Avec Claire Beaugrand-Champagne, Roger Charbonneau, Gabor Szilasi et Pierre Gaudard, Campeau participe à l’aventure de Disraeli. Cette « expérience humaine en photographie » qui se met en place à l’été 1972 est réalisée dans cette petite ville des Appalaches. Toute la bande travaille avec empathie, dans une grande proximité avec ses sujets.Les rapports que Michel Campeau entretient, en particulier avec Gabor Szilasi, lui apparaissent fondamentaux. « Gabor, c’est déterminant. Comme figure esthétique d’abord, mais aussi comme modèle de vie. » Jusqu’à la mort de Szilasi, au printemps 2026, il en est demeuré très proche.






