Ils ont regardé le monde à travers leur objectif. Au fil de cette série d’été, Le Devoir part à la rencontre de grands photographes québécois dont l’œuvre a façonné notre mémoire des êtres, des lieux et du temps. Deuxième portrait : Serge Clément.
« La photographie, c’est une vision du monde. Un photographe se construit collectivement. Ce sont des rencontres — avec des gens, des galeries, des éditeurs, toutes sortes de gens — qui font avec le temps un photographe », souligne Serge Clément, l’une des signatures les plus connues de la photographie au Québec.Étudiant, il se destinait à la scène. Il avait été accepté à l’École nationale de théâtre, mais un doute le fait bifurquer du côté de la photographie, qui l’intéressait déjà. « La photographie me correspond plus, sur le plan individuel, que le milieu théâtral. » Depuis le début des années 1970, la photographie ne l’a plus jamais quitté.Serge Clément parle de ses archives comme d’autres parleraient d’un chantier toujours en cours. Dès ses débuts, sa production se trouve soigneusement organisée. Ses négatifs, ses planches-contacts et ses tirages sont catalogués comme s’il avait eu d’emblée conscience que son œuvre s’inscrirait dans la durée. « C’est à cause de Gabor Szilasi », dit-il en riant. Au temps où il est étudiant au cégep du Vieux Montréal, Clément va chez ce professeur, lui pose des questions sur les négatifs, les classements, les tirages…







