Ils ont regardé le monde à travers leur objectif. Au fil de cette série d’été, Le Devoir part à la rencontre de grands photographes québécois dont l’œuvre a façonné notre mémoire des êtres, des lieux et du temps. Premier portrait : Michel Gauthier, photographe du quotidien.

« Je n’ai jamais mis tellement de pression pour vendre de mes photos », dit le photographe Michel Gauthier, les coudes posés sur la table de cuisine autour de laquelle nous sommes installés pour discuter. Son atelier occupe tout un petit appartement, logé dans un modeste immeuble. Le photographe a longtemps habité les lieux, mais il n’y vient plus que pour y continuer son travail.« J’ai fait ici, contre le mur, en utilisant la lumière naturelle de la fenêtre, quelques portraits à l’occasion », dit-il en montrant un coin de la pièce et certaines images qui correspondent au lieu. Ce n’est pourtant pas un studio où nous nous trouvons. Michel Gauthier n’a jamais été un photographe de studio. Il en est même plutôt l’exact contraire, passionné qu’il est par la réalité de la vie de tous les jours. Il penche du côté des humbles, des gens du quotidien, du presque rien à travers lequel se dessinent pourtant des mondes entiers.