Pour comprendre comment les artistes d’ici façonnent la matière pour en extraire leur vision du monde, il faut aller à leur rencontre. Mise en lumière est une série de portraits qui paraît chaque fin de mois. Des incursions dans l’univers de créateurs qui travaillent leurs œuvres de manière inusitée, en retrait de l’actualité culturelle.
« Dans une autre vie, j’aurais pu être scientifique. » On entend souvent cette phrase chez les céramistes — du moins chez celles et ceux qui, comme Mel Arsenault, conçoivent leurs propres glaçures à partir de matériaux bruts, et dont le travail consiste autant à créer de belles œuvres qu’à expérimenter des réactions chimiques. En entrant dans son atelier de Rosemont, on comprend mieux pourquoi elle se présente ainsi d’entrée de jeu. Sur ses étagères sont dispersés des vases floraux et d’autres sculptures abstraites, mais aussi des pots de cuivre, de fer ou de pigments, des échantillons de tests et divers outils de construction.Son travail, lui, porte une attention particulière au vivant. Sur presque toutes ses pièces récentes apparaissent des pétales de fleurs et des ailes de papillons, tandis que d’autres semblent prendre la forme de coraux ou d’ossements. « La notion d’émerveillement, qui peut à première vue paraître banale, naïve, est devenue centrale dans ma pratique. Si nous étions émerveillés par ce qui nous entoure, nous en prendrions vraiment plus soin. Ce n’est que parce qu’on tient les animaux et les plantes pour acquis qu’on les détruit aujourd’hui. »










