Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement International International International Un si Proche Orient Un si Proche Orient Un si Proche Orient Chronique Jean-Pierre Filiu Professeur des universités à Sciences Po Le cinquième anniversaire de la déroute américaine en Afghanistan, en août 2021, rappelle que l’ancien président américain Joe Biden s’est piégé au Moyen-Orient en s’inscrivant dans le sillage de son prédécesseur à la Maison Blanche. Publié aujourd’hui à 07h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Joe Biden a pris ses fonctions à la Maison Blanche le 20 janvier 2021, deux semaines après qu’une foule de partisans de Donald Trump, le président sortant, a tenté en vain de prendre d’assaut le Capitole. Non seulement ce dernier – revenu à la Maison Blanche en janvier 2025 – n’a jamais vraiment désavoué les émeutiers, mais il continue jusqu’à aujourd’hui à affirmer que cette élection lui a été « volée ». Il avait d’ailleurs refusé d’assister à l’investiture de son successeur, un boycott sans précédent depuis 1869. Joe Biden reprenait pourtant à son compte l’essentiel de la politique du républicain au Moyen-Orient, alors même qu’elle compromettait la suprématie jusque-là incontestée des Etats-Unis dans cette région stratégique. Joe Biden n’est revenu sur aucun des faits accomplis de Donald Trump, qu’il s’agisse du sabotage de l’accord multilatéral sur le nucléaire iranien, du déplacement à Jérusalem de l’ambassade des Etats-Unis en Israël ou de la fermeture du consulat américain à Jérusalem-Est (qui faisait office de représentation auprès des Palestiniens des territoires occupés par Israël). Non seulement Joe Biden a validé de telles violations du droit international, mais il a endossé la vision stratégique de Donald Trump : les accords d’Abraham de normalisation israélo-arabe, déjà conclus avec les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan, devaient s’étendre à l’Arabie saoudite au nom d’une menace iranienne érigée en priorité absolue, alors que la question palestinienne serait une fois pour toutes enterrée. Ouvertement « sioniste » La vision de Donald Trump, aussi caricaturale soit-elle, correspondait en effet aux convictions profondes de Joe Biden, qui s’est revendiqué « sioniste » dès 1973 et qui proclamait, en 1986 : « S’il n’y avait pas d’Israël, les Etats-Unis devraient inventer un Israël pour protéger leurs intérêts dans la région. » En juillet 2022, l’ex-président américain avait réservé sa tournée moyen-orientale à Israël et à l’Arabie saoudite, dans l’espoir affiché de favoriser la conclusion entre eux d’un nouvel accord d’Abraham. Il ne s’autorisait, en Cisjordanie occupée, qu’un détour par Bethléem, une étape plus religieuse que politique pour ce catholique fervent, qui refusait de visiter le siège de l’Autorité palestinienne à Ramallah. Joe Biden n’avait pas encore compris qu’il s’était condamné à l’humiliation en endossant l’héritage de Donald Trump au Moyen-Orient. Il vous reste 55.41% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Joe Biden s’est condamné à l’humiliation en endossant l’héritage de Donald Trump au Moyen-Orient »
CHRONIQUE. Le cinquième anniversaire de la déroute américaine en Afghanistan, en août 2021, rappelle que l’ancien président américain Joe Biden s’est piégé au Moyen-Orient en s’inscrivant dans le sillage de son prédécesseur à la Maison Blanche.







