Temps de Lecture 4 min.

Article réservé aux abonnés

ReportageAu cœur de la plus grande mégapole d’Amérique latine, 580 indigènes du peuple guarani mbya se partagent une terre circonscrite à deux terrains de football. Pour garantir l’avenir des générations futures, ils demandent la reconnaissance d’un territoire élargi.

A une trentaine de kilomètres du centre de Sao Paulo (Brésil), le long d’une route qui mène au pic du Jaragua, une montagne située à l’ouest de la mégapole, la succession d’immeubles et d’entrepôts logistiques est soudain interrompue par un mur orné de jaguars et de perroquets aux couleurs vives. Derrière l’enceinte, de petites toitures métalliques laissent deviner les maisons des villages de la terre indigène jaragua : l’un des trois derniers territoires habités par le peuple guarani mbya au cœur de la plus grande agglomération d’Amérique latine.

Expulsés de cette région par les colons portugais entre les XVIe et XVIIIe siècles, quelque 580 indigènes du peuple guarani mbya, qui vivaient le long du littoral atlantique, se sont réinstallés, à partir des années 1950, sur ces terres, en espérant pouvoir, comme autrefois, chasser et pêcher dans les nombreux fleuves de la vaste forêt tropicale qui couvrait la région.