Ils font les manchettes régulièrement. Les maisons, églises ou autres bâtiments ancestraux dont l’état de dégradation scandalise et qui apparaissent souvent dans les médias lorsqu’il est trop tard pour les sauver. En filigrane, une question revient : pourquoi et comment préserver le patrimoine du Québec ? Le Devoir propose deux initiatives inspirantes qui permettent de repenser notre rapport au bâti. Dans cet article, la Cité-des-Hospitalières, à Montréal.
« Les vrais grands projets se font dans le temps. » Les mots de sœur Nicole Gaudet trouvent un écho particulier dans la grande salle de l’ancien couvent des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph, où elle se pose pour aborder l’histoire du site, et sa transition vers de nouveaux usages.Il faut dire que les sœurs hospitalières s’y connaissent en grands projets. Ayant repris en 1676 la direction de l’Hôtel-Dieu de Montréal, elles ont fait construire vers 1860 de nouveaux bâtiments au pied du mont Royal pour y déménager l’institution. Depuis, leur vaste monastère situé au coin des avenues du Parc et des Pins s’inscrit comme un repère incontournable dans le paysage de la métropole.Depuis les dernières années, un chapelet d’organismes y déploient leur mission sociale, comme une manière de poursuivre, aux couleurs du XXIe siècle, la mission des Hospitalières.Une succession préparée« Les recherches ont commencé autour de 2010-2012 », se rappelle sœur Gaudet. À ce moment, le vieillissement des 70 religieuses qui habitaient encore le couvent les obligeait à réfléchir à la transmission de leur « grande maison ».« C’était un arrachement, décrit la religieuse, mais la réalité nous mettait devant l’évidence qu’il fallait agir. » Heureusement pour les Hospitalières, la Ville de Montréal s’est tout de suite montrée intéressée par l’acquisition du monastère.







