L’interdiction de vendre de l’alcool américain à la Société des alcools du Québec (SAQ) est toujours en vigueur et ne devrait pas disparaître de sitôt, a confirmé vendredi le bureau de la première ministre du Québec, Christine Fréchette. Le Globe and Mail rapportait vendredi matin que le Canada pourrait plier sur quelques demandes du gouvernement américain de Donald Trump, dont le retour de l’alcool américain sur les tablettes canadiennes, en échange d’un relâchement de certains tarifs, notamment sur l’acier et l’aluminium. Or, la décision finale du retour des alcools américains sur les tablette relève exclusivement des provinces. « C’est le Québec et seul le Québec qui prendra une décision », a affirmé à l’écrit le bureau de la première ministre Christine Fréchette. « Dans le contexte de la guerre commerciale actuelle, il est essentiel de défendre les intérêts économiques du Québec. Le retrait des produits américains des tablettes de la SAQ demeurera en vigueur tant qu’une entente que nous jugeons équitable [n’aura pas] été négociée », ajoute-t-il.
Une porte-parole de la SAQ a d’ailleurs confirmé au Devoir n’avoir reçu aucune directive à ce sujet pour l’instant. Cette mesure, mise en place en mars 2025, a servi de réplique québécoise à la première ronde de tarifs douaniers de Donald Trump l’an dernier. À plusieurs reprises, le président américain a souligné son mécontentement quant à la décision des provinces canadiennes de retirer les produits alcoolisés de son pays de leurs tablettes. Dans un décret, il dénonce explicitement la décision de la SAQ et de son homologue ontarien, la LCBO. La vente d’alcool américain est interdite dans la plupart des provinces et territoires du Canada. Quant aux détails d’une éventuelle entente, le bureau du ministre responsable du commerce Canada-États-Unis, Dominic LeBlanc, s’est contenté de répondre au Devoir que « l’objectif du Canada reste de parvenir à un accord global qui traite des doits de douane sectoriels et qui profite aux travailleurs, aux agriculteurs et aux entreprises canadiennes ». Des négociationsLe rythme des négociations entre le Canada et les États-Unis pour parvenir à une entente commerciale s’est accéléré dans les dernières semaines. D’ici deux semaines, de nouveaux droits de douane américains de 50% devraient être imposés par nos voisins du Sud sur plusieurs produits canadiens. On parle par exemple de certains produits laitiers, d’alcool, du bois et d’une vingtaine d’autres catégories de biens. À noter que les produits couverts par l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) n’en sont pas exemptés. Ottawa n’a toujours pas répliqué à ces menaces, mais des négociations « tough [fermes] » sont en cours, a affirmé plus tôt cette semaine Mark Carney. Des tarifs de représailles pourraient être envisagés si les droits de douanes se concrétisent.






