Le retrait des produits américains des tablettes de la Société des alcools du Québec (SAQ) l’an dernier a offert une occasion en or aux producteurs d’ici. Certains spiritueux américains ont toutefois retrouvé le chemin des succursales parce qu’ils sont transformés au Québec. Une stratégie conforme aux règles en vigueur, mais qui irrite des distilleries dont les gains de la dernière année se sont évaporés.« C’était l’occasion inespérée, on avait le vent dans les voiles. Les ventes de nos liqueurs ont doublé. Malheureusement, ça n’a pas duré », raconte Jean-Pierre Allard, président de la distillerie Stadaconé, à Québec.Lorsque la liqueur Sour Puss a disparu des tablettes de la SAQ, en mars 2025, au début des tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis, la distillerie y a vu une occasion d’accroître les ventes de ses liqueurs fruitées Piñata. « C’était une bonne alternative au Sour Puss pendant que tout le monde voulait acheter local », dit M. Allard.Mais en novembre, Phillips Distilling Company, qui produit le Sour Puss, a décidé de déplacer une partie de sa production à Montréal, à la distillerie Station 22. Dans un courriel envoyé au Devoir, l’entreprise américaine explique avoir vu ses ventes canadiennes s’effondrer de 70 % pour ce produit au deuxième trimestre de 2025, et même complètement disparaître au Québec, avec une baisse de 100 %.Chute des ventesPour Stadaconé, le contrecoup a été immédiat. « Les ventes ont chuté de plus de 50 %. On vendait plus de 1200 bouteilles Piñata par semaine dans les premiers mois du boycottage. Aujourd’hui, on est rendus à 300 », déplore M. Allard.Même constat à la distillerie Artist in Residence, à Gatineau, qui dit avoir vu les ventes de sa liqueur aux framboises sures reculer de moitié après le retour du Sour Puss sur les tablettes.