Les États-Unis proposent au Canada « une discussion à un sens » dans le cadre de la révision de l’ACEUM, estime l’ancien ministre Jean Charest. Après l’abandon des tarifs réciproques et de la taxe sur les services numériques par Ottawa, le gouvernement américain exige maintenant une nouvelle concession : la remise de l’alcool américain sur les tablettes canadiennes.« C’est la méthode Trump : tu frappes d’abord l’autre partie sur la tête et après, tu négocies », illustre l’ancien chef libéral devenu membre du Comité consultatif sur les relations économiques canado-américaines mis en place par le premier ministre Mark Carney. « Nous avons déjà joué dans ce film. »Cette fois, Ottawa n’entend plus plier l’échine, a laissé entendre l’ancien premier ministre en marge d’une allocution tenue mercredi à Thetford Mines. Hors de question, explique-t-il, de participer à un dialogue de sourd avec Washington.« Nous voulons être à la table le plus rapidement possible, précise l’ancien premier ministre québécois, mais à des conditions qui nous permettent d’être entendus. »Cette position survient au moment où la Maison-Blanche menace de tirer une nouvelle salve tarifaire sur le Canada au nom de la lutte contre le travail forcé – un prétexte tiré d’une loi d’exception qui s’avère surtout utile, aux yeux de Jean Charest, à dispenser l’administration de passer par le Congrès pour imposer des mesures de rétorsion commerciales à l’encontre d’autres États.« Notre posture, elle est surtout défensive, admet l’ancien premier ministre. Nous voulons juste protéger notre accès au marché américain. Si nous perdons ça, martèle-t-il, nous aurons des problèmes — des gros problèmes. »