À première vue, plus de 25 ans de baisses d’impôt au Québec ont surtout profité aux plus riches. Mais les apparences sont parfois trompeuses. Ou, du moins, ne disent pas toujours tout, rapporte une étude.Les gouvernements fédéral et québécois ont mis en place de nombreuses et « significatives » réductions des impôts des particuliers depuis le tournant des années 2000, rappelle la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke dans une étude dévoilée jeudi.Globalement, une personne seule disposant d’un revenu annuel de marché de 30 000 $ sera, par exemple, un peu plus riche cette année — d’environ 3000 $ — par rapport à ce qu’il en aurait été en 1999, même en prenant en compte l’effet de l’inflation. C’est bien, mais c’est moins que pour un travailleur gagnant 75 000 $ — avec environ 5000 $ de gain — et beaucoup moins que pour celui dont le revenu est de 200 000 $ par an — presque 13 500 $ de gain.Les résultats sont similaires pour d’autres types de ménage. Les familles monoparentales avec un enfant au service de garde dont le revenu annuel est 30 000 $ y ont gagné 10 000 $, soit deux fois moins que celles dont le revenu est de 200 000 $, qui y ont gagné 21 600 $. Il y a quand même des exceptions : les couples aux revenus les plus modestes avec deux jeunes enfants ont, par exemple, bénéficié d’un gain réel de presque 22 000 $, contre 18 300 $ pour les mieux nantis.« Vu la forte progressivité des régimes d’imposition du fédéral et du Québec conjugués, il n’est pas trop surprenant que les économies d’impôt consenties à un revenu de travail plus faible soient, en termes pécuniaires, moins importantes qu’à un revenu de travail plus élevé », constatent les auteurs de l’étude.Bien que généralement de montants inférieurs, les économies réalisées par les ménages moins nantis constituent toutefois une proportion plus élevée de leurs revenus. La diminution de la charge fiscale pourrait même, dans certains cas — comme cet exemple d’une économie de 10 000 $ sur un revenu total de 30 000 $ —, presque sembler invraisemblable s’il n’était question que d’une diminution de l’impôt payé par les contribuables.
Les baisses d’impôt depuis 1999 ont profité aux riches, mais pas seulement
Combinées à la bonification des prestations, elles ont repoussé le moment où les ménages deviennent contributeurs nets.








