Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Crise du logement Crise du logement Crise du logement Tribune Sami Mahroum Entrepreneur L’entrepreneur Sami Mahroum estime, dans une tribune au « Monde », que les villes européennes, en préférant l’embellissement à la construction et à l’innovation, font flamber les loyers, ce qui enrichit les propriétaires mais exclut de nombreuses personnes. Publié aujourd’hui à 11h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés L’Europe aime voir sa beauté comme un atout. Elle l’est. Mais c’est aussi un impôt. C’est le coût que les lieux les plus désirables imposent aux nouvelles entreprises, aux jeunes travailleurs et aux nouveaux arrivants. Chaque supplément de « qualité urbaine » se traduit alors moins par une dynamique productive nouvelle que par des prix fonciers plus lourds, des loyers plus chers, des barrières à l’entrée plus hautes. Ce que l’Europe peine à voir, c’est ce qui arrive quand un lieu est déjà très agréable : accroître la beauté ne se traduit plus alors par une croissance supplémentaire, au contraire. C’est la « taxe de beauté ». La logique est simple. Quand une ville devient plus productive dans les secteurs exposés à la concurrence – grâce à de meilleures infrastructures, à des compétences plus approfondies et à des échanges de connaissances plus denses –, les salaires, les loyers et les valeurs foncières peuvent augmenter de concert. Cependant, quand elle devient plus agréable sans devenir proportionnellement plus productive, les gains se capitalisent surtout dans le foncier. Les habitants acceptent un peu moins de pouvoir d’achat pour rester, les entreprises supportent des loyers plus élevés et les propriétaires d’actifs rares encaissent la différence. Les travaux de l’économiste David Albouy éclairent ce mécanisme : qualité de vie et qualité du cadre productif ne sont pas valorisées de la même façon. En Europe, cette distinction compte énormément. Les villes les plus prospères du continent ont passé des décennies à affiner leur attractivité : centres anciens préservés, transports améliorés, programmation culturelle plus riche, espaces publics soignés, contrôles esthétiques et environnementaux plus stricts. Une grande part de ce travail était juste et nécessaire. Toutefois, au-delà d’un certain seuil, la même stratégie joue contre le front productif. La ville devient plus attirante pour les habitants aisés, les touristes, les retraités et les capitaux mobiles, mais elle se ferme aux entreprises expérimentales et aux jeunes travailleurs. Il vous reste 68.36% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Les villes les plus désirables imposent un coût aux nouvelles entreprises, aux jeunes travailleurs et aux nouveaux arrivants »
TRIBUNE. L’entrepreneur Sami Mahroum estime, dans une tribune au « Monde », que les villes européennes, en préférant l’embellissement à la construction et à l’innovation, font flamber les loyers, ce qui enrichit les propriétaires mais exclut de nombreuses personnes.







