Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Logement Logement Logement Tribune Nicolas Desquinabo Expert en évaluation de politiques publiques Les projets proposés par le maire de New York, Zohran Mamdani, ou le Green Party au Royaume-Uni ne concernent qu’une trop petite partie de la population pour permettre une diminution à la fois du coût de la vie et des pollutions, estime, dans une tribune au « Monde », le chercheur Nicolas Desquinabo. Publié aujourd’hui à 18h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Les propositions « écopopulistes » et l’« abordabilité » semblent percer dans les partis de gauche et lors des élections aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Les politiques visant à « baisser le coût de la vie tout en réduisant les émissions polluantes » sont enfin mises en avant. Mieux vaut tard que jamais. Des centaines d’expériences et d’études ont déjà démontré l’intérêt majeur de ces politiques encore rares, comme celle de l’Ademe [Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie] et Enertech, en 2025, pour les gains majeurs liés aux rénovations d’ampleur de maisons, ou celle de l’Institut de l’économie pour le climat, en 2024, concernant le rôle crucial des soutiens aux investissements pour la majorité des ménages. Pour autant, l’ampleur des transformations à apporter aux politiques actuelles semble fortement sous-estimée. Les grandes propositions souvent égrenées révèlent quatre grandes limites à dépasser : la focalisation sur les grandes villes, le piège des financements régressifs, l’insuffisance des régulations et l’oubli des autres grands sujets de préoccupation. Première limite : les propositions les plus mises en avant par la [journaliste, militante écologiste et anticapitaliste] canadienne Naomi Klein, ou le maire [démocrate] de New York, Zohran Mamdani, et d’autres, comme « renforcer les droits des locataires et rendre les transports publics moins chers et plus efficaces » ne concernent qu’une minorité des classes populaires et moyennes, principalement dans les grandes villes. Les loyers sont certes au cœur des problèmes de pouvoir d’achat de nombreux ménages, mais les charges liées au logement sont aussi élevées pour les accédants à la propriété que pour les locataires du privé : environ 44 % du revenu pour le quart le plus modeste de ces ménages et entre 30 % et 32 % pour le quart suivant, selon l’ouvrage France, portrait social, édité par l’Insee en 2024. Plus nombreux dans les villes moyennes et rurales, ceux qui remboursent encore leur prêt ne sont, par ailleurs, que peu concernés par les transports publics, tout comme leurs voisins locataires. Les transports en commun sont certes très utiles, mais qu’ils soient chers ou gratuits intéresse peu la grande majorité des Français. Il vous reste 65.74% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.