Secret-défenseEspionnage. Parce qu’il a été l’un des leurs, l’écrivain britannique fascinait les agents secrets du Vieux Continent, ravis de son regard ironique sur la CIA.Par Etienne GirardarticleLecture 7 MinPublié le 01/08/2026 à 08:45bookmarkA la poursuite de John le Carré : comment l’écrivain anglais a fasciné les maîtres espions de la guerre froideHippolyte JacquetLes espions et l’écrivain. En ce tout début des années 1990, la guerre froide agonise, les démocraties occidentales cherchent à anticiper la fin de l’histoire, alors pourquoi ne pas consulter le romancier le plus pointu sur ces affaires ? John le Carré débarque au palais du Quirinal, à Rome, avec un exemplaire dédicacé de La Taupe, son opus sur un traître au sommet du MI6, vendu à plus de cinq millions de copies. Pendant le déjeuner, le président de la République italienne, Francesco Cossiga, le presse de questions : les espions italiens sont-ils bons ? Comment mieux les contrôler ? Pourrait-on vivre sans espions ? A ses côtés, la trentaine de convives, l’ensemble de l’état-major des services de renseignement italiens, reste coite. Seul un homme ose saluer l’homme de lettres, ému. "Toute ma vie… Le moindre mot que vous ayez écrit… La moindre syllabe, dans ma mémoire…", balbutie l’agent secret, selon le récit qu’en fait Le Carré dans son autobiographie, Le Tunnel aux pigeons. .