Tout juste diplômé de l’université, Elliot (Cooper Hoffman), 23 ans, gentil et naïf, est engagé comme assistant par Erika Tracy (Olivia Wilde), artiste néopop à la réputation sulfureuse. Réputation que la quarantenaire confirme en faisant rapidement du jeune homme sa muse sexuelle, son partenaire dans une relation sadomaso à laquelle il se soumet avec ébahissement et consentement. Jusqu’à ce que le jeu de domination dérape complètement. La police devra intervenir.C’est avec I Want Your Sex, farce érotique présentée comme une relecture acide et satirique de 50 Shades of Grey, que Gregg Araki (White Bird, la série Now Apocalypse) fait son retour dans les salles noires. Une pause de 12 ans au septième art pour la figure emblématique du nouveau cinéma queer. Il était donc attendu. Et si son film n’est pas à la hauteur espérée (l’intrigue policière est bancale et le dernier acte du film est peu convaincant dans ses rebondissements), il est diablement divertissant dans ce jeu où les rouages de la prédation sont inversés.
On retrouve ici son style direct. Il n’épargne personne et se moque de tous. Les hommes, les femmes, les dominants, les dominés, les artistes, leurs clients, les hétéros, les homos, les binaires, les non-binaires. Il sature les couleurs, qui nous sautent au visage. Il met du « pop » à tout. Il affiche cette façon décomplexée de fouetter les tabous et l’air du temps.Ainsi, la génération Z, plutôt crispée et morale — « Nos parents ont fait qu’on ne soit jamais dans une situation inconfortable », avance Elliot —, prend des coups portés par l’anti-woke (et anti-tout) Erika. Sa langue acérée n’épargne pas non plus le milieu des arts visuels contemporains dans lequel elle évolue. « Vous tentez de convaincre les gens que ce que vous faites est important et complexe. L’art est en fait arbitraire et masturbatoire. » À preuve : affligeant de médiocrité, le sien est un succès commercial.Ajoutons à l’ensemble des clins d’œil au cinéma de (ce) genre (de 9½ Weeks à Sunset Boulevard, en passant par The Graduate), le résultat est jouissif. Et à l’arrivée, même si I Want Your Sex, coécrit avec Karley Sciortino, ne répond pas à toutes les attentes, il est incroyablement distrayant et fascinant. En grande partie grâce à ses deux vedettes.














