Le mandat qui liait Alexandre Da Costa à l’Orchestre philharmonique du Québec (OPQ) jusqu’en 2029 a pris fin avant terme. C’est le directeur musical historique de ce qui a longtemps été connu comme l’Orchestre symphonique de Longueuil (OSDL), Marc David, qui prépare la saison 2026-2027.La rumeur qui courait dans le milieu musical depuis une bonne semaine a été confirmée jeudi au Devoir par Me Jean-Jacques Rainville, président du conseil d’administration de l’orchestre, au moment même de la parution d’un communiqué : les chemins de l’OPQ et d’Alexandre Da Costa se sont séparés.Les termes ne sont pas acrimonieux, précise-t-on. « Cela s’est fait d’un commun accord. Alexandre a accepté [en juin 2025] une nomination à titre de directeur artistique titulaire d’un important orchestre mexicain [l’Orquesta Sinfónica Sinaloa de las Artes], et il a aussi d’autres engagements en Europe. Donc, on a convenu de tout simplement mettre fin à notre collaboration, il y a un certain temps déjà maintenant. Ça a pris un peu de temps pour officialiser tout ça, et c’est fait à partir d’aujourd’hui. Dans les prochains jours, il y aura l’annonce de notre prochaine saison. »Le 4 février 2021, le contrat de « chef attitré et directeur artistique » d’Alexandre Da Costa avait été prolongé jusqu’à la fin de la saison 2028-2029. Aujourd’hui, « l’Orchestre philharmonique du Québec annonce qu’Alexandre Da Costa a complété son mandat le 30 juin dernier, mettant ainsi fin à une collaboration fructueuse amorcée en 2019 ».La Guilde des musiciens et musiciennes du Québec était informée de la procédure en cours. Son vice-président, Maxime Lalanne, a affirmé au Devoir avoir gardé la situation à l’œil « au cas où des membres avaient besoin de notre aide », mais sans intervenir.Le regroupement syndical ne gère pas de nouveau dossier en lien avec l’OPQ et Alexandre Da Costa depuis les tumultes relatés par Le Devoir en mars 2023. La situation avait alors amené la Guilde et la direction de l’orchestre à demander l’aide de Québec afin d’améliorer le climat de travail.OPQ ou OSDL ?Par ailleurs, même si le communiqué diffusé jeudi (et daté de lundi) l’est au nom de l’Orchestre philharmonique du Québec, dénomination de l’ensemble depuis juillet 2023, l’une des questions à résoudre à court terme sera de déterminer si l’orchestre poursuivra dans la voie empruntée depuis l’arrivée d’Alexandre Da Costa en 2019 ou retournera en quelque sorte au bercail.La discussion avec Jean-Jacques Rainville donne quelques indices. On apprend ainsi que le nom officiel de la société est toujours « Orchestre symphonique de Longueuil ». De poursuivre Me Rainville : « “Orchestre philharmonique du Québec” est la marque de commerce utilisée, qui va continuer de l’être. Cependant, la mission première de l’orchestre, c’est le territoire de la Montérégie. Donc, on est déjà en lien, avec autant la Ville de Longueuil que les autres villes de l’agglomération et du territoire, pour continuer — ou, on pourrait dire, accentuer — la mission d’origine liée à ce territoire-là. »Clarifier l’avenirCe dernier nous indique aussi avoir « reçu l’aide de Marc David pour préparer la prochaine saison ». Il espère ainsi que « les choses vont être plus claires pour pourvoir [le] poste de directeur général », laissé vacant par le départ en août 2025 de Véronique Bugeaud, qui était entrée en poste en juillet 2024.Il s’agit d’un des innombrables départs au sein de cette institution qui a épuisé administrateurs, gestionnaires et musiciens (18 départs dans l’orchestre dans les quatre premières années de mandat) au fil des sept dernières années.Le revirement de la mission d’origine de l’ODSL avait d’ailleurs beaucoup perturbé le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), qui avait mis l’orchestre sous surveillance en 2025. Qu’en est-il pour l’avenir ? Me Rainville ne s’exprime pas sur la situation actuelle et nous renvoie à Michel Viau, directeur des opérations artistiques et de production, directeur du personnel musicien et directeur général par intérim, qui est actuellement en congé.Après le désengagement de villes comme Longueuil et Boucherville, le soutien du CALQ est essentiel pour cet organisme que l’on dit financièrement très fragilisé. « La situation financière est maintenant totalement contrôlée », avance par contre Me Rainville.« Il faut faire en sorte que les engagements que nous prenons soient à la mesure de nos moyens. Tout cela a été réfléchi avec une équipe composée de Marc David, Michel Viau, Martine Deschamps, [la directrice du service à la clientèle] Caroline Gauthier, [l’ancien administrateur artistique de l’Orchestre Métropolitain] Benjamin Goron. L’idée étant d’avoir une saison qui soit intéressante, mais que l’ensemble des cachets et des coûts soit en relation avec les revenus que l’on obtient des bailleurs de fonds et de nos activités », explique-t-il.Quant à la séparation avec Alexandre Da Costa, elle ne laisse pas de troubles derrière elle, dit Me Rainville. « Ça s’est très bien fait, très correctement. C’est conclu, tout le monde était de bonne humeur : zéro litige. Et il n’y en aura pas. »
Fin de la route pour le violoniste-chef Alexandre Da Costa à Longueuil
Les chemins du musicien et de l’Orchestre philharmonique du Québec se sont officiellement séparés.
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