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DécryptagePorté par les pays du Golfe, la Turquie et Washington, le président syrien, Ahmed Al-Charaa, mise sur la position géographique de son pays pour en faire un corridor énergétique incontournable entre le Golfe et l’Europe, et sortir le pays de son isolement après quatorze ans de guerre civile.

Des camions-citernes venus d’Irak sont garés en file indienne sur des dizaines de kilomètres, le long de l’autoroute du littoral syrien, dans l’attente de pouvoir décharger leur cargaison de carburant à la raffinerie du port de Baniyas. Cela fait cinq jours que Haïdan Khleïf, un chauffeur mossouliote de 44 ans, a franchi la frontière irakienne après avoir récupéré sa cargaison dans le port de Bassora. Son tour est enfin venu, ce 12 juillet. Il est l’un des 1 000 camions irakiens autorisés chaque jour à accéder à la plateforme de déchargement, d’où le carburant sera ensuite exporté par bateau, via la Méditerranée.

L’accord, signé fin avril pour cinq ans, entre l’Irak et la Syrie ne traduit pas seulement une plus grande intégration économique entre les deux pays depuis l’arrivée au pouvoir d’Ahmed Al-Charaa. Il esquisse les ambitions du nouvel homme fort de la Syrie. Il entend tirer parti des inquiétudes entourant la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux, après la fermeture du détroit d’Ormuz à la suite de l’offensive américano-israélienne contre l’Iran, le 28 février, et des menaces exercées par les rebelles yéménites sur le détroit de Bab Al-Mandab, pour réintégrer son pays dans l’économie régionale et internationale après quatorze ans de guerre civile. La position géographique stratégique de la Syrie lui permet de se promouvoir en corridor énergétique et en plaque tournante logistique mondiale.