Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Ça trompe énormément L’épisode 6 sera disponible prochainement. Ça trompe énormément L’épisode 6 sera disponible prochainement. « Ça trompe énormément » (5/6). Cocufier son partenaire est une chose, le lui révéler en est une autre. Et la vérité peut être dévastatrice. Alors l’aveu, guidé par l’idéal de transparence et de confiance, le dispute au « noble mensonge », qui passe les faits sous silence pour éviter de faire du mal. Article réservé aux abonnés De ses vingt-deux ans de carrière en tant que spécialiste en droit de la famille, Amélie Gairaud, avocate à Annecy, a tiré quelques enseignements. Celui-ci, par exemple : en matière d’infidélité, ses clients ne disent jamais la vérité. Pas même entre les quatre murs de son cabinet, pas même lorsqu’elle les interroge directement. « Le sujet reste extraordinairement tabou. Le trompé refuse de voir, le trompeur dissimule. Tout le monde est dans la posture, le déni, la honte. Lorsque les choses sont découvertes, la conciliation devient impossible. L’un est aveuglé par sa tristesse, l’autre par ses nouveaux désirs : il n’y a plus de place pour aucune nuance, c’est la guerre. » L’avocate a alors une recommandation simple : se taire et être discret. « Je n’ai jamais vu de révélation qui assainisse quoi que ce soit dans un contexte de séparation, commente-t-elle. Le silence et le mensonge peuvent assurément être salvateurs. » Amélie Gairaud est la première surprise de voir des cadres déjà grisonnants se tenir devant elle comme des enfants penauds, embarrassés de leurs petites cachotteries. On pouvait imaginer que ce début de XXIe siècle avait fait bouger les lignes, en libéralisant les mœurs. Mais les appels à déconstruire le couple et le foisonnement de nouveaux modèles n’y changent à peu près rien : le sujet de la tromperie reste douloureux, corrosif. « Vous avez remarqué, dans les mariages, le petit frisson électrique qui parcourt l’assistance lorsque le maire cite le devoir de fidélité ? On se regarde en coin, on ricane un peu. » La remarque est du sexologue Patrick Papazian, lui aussi familier du sujet. Il vous reste 84.4% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.