Quentin JorisResponsable du service Économie/politique29 juillet 2026Aujourd'hui à 20:45Les finances publiques ne se redresseront pas uniquement à coup d’économies ou de nouveaux prélèvements. Leur amélioration dépendra aussi de la capacité du pays à générer de la croissance.Le PIB belge n'a pas progressé au deuxième trimestre. La croissance, déjà très faible lors des trois premiers mois de l’année (0,2%), est désormais à l'arrêt. Dans un contexte international marqué par une forte incertitude, bien alimentée par les tensions géopolitiques et un commerce mondial de plus en plus hésitant, notre économie stagne donc.Dans leurs dernières estimations, la Banque nationale et le Bureau du Plan tablaient encore respectivement sur une croissance de 0,6% et 0,7% sur l’ensemble de 2026. Une prévision qui risque de s’éloigner faute de relance du moteur économique…À l’approche de négociations budgétaires à couteaux tirés au Fédéral, cela n’augure rien de bon. Car, avec une croissance famélique ou nulle, l’effort à réaliser afin de rester dans les clous européens sera mécaniquement plus important.Une discussion qui ne tient pas ses promessesRappelons-le: le col hors catégorie que s’apprête à gravir l’Arizona impliquera un effort de 10 milliards d’ici la fin de la législature. Un montant qui pourrait encore évoluer si le ralentissement de la croissance se confirme. Malgré ce constat préoccupant, la discussion sur l’assainissement de nos finances, qui s’était un peu animée avant la pause estivale, ne tient pas ses promesses. Pour l’heure, ce débat reste trop binaire, se clivant entre les partisans d’un régime drastique infligé à l'État et ceux prônant une réflexion sur les recettes.S’il est indéniable que le train de vie de la Maison Belgique peut être allégé, il paraît cependant illusoire qu’un exercice alliant plusieurs partis, allant de la gauche à la droite du spectre, puisse se réaliser uniquement en réduction de dépenses. Notons d’ailleurs que cette dernière approche seule doit être maniée avec précaution étant donné certains effets induits qu’elle pourrait avoir sur la demande intérieure.Trop peu de place pour la croissance économique?C’est une certitude: le combat politique sera particulièrement tendu. Mais, et nous le regrettons amèrement, très peu de place dans ce combat est actuellement consacrée à la troisième composante fondamentale du budget, à savoir la croissance économique. La dernière estimation du PIB aura-t-elle l’effet d’un wake-up call? La stimulation de la croissance reviendra-t-elle en bonne place dans l’agenda des négociateurs? On se doit de l’espérer tant l’enjeu est important.Simplifier les charges administratives pesant sur les entreprises, développer des politiques d’octroi de permis plus rapides, favoriser l’innovation et la recherche, améliorer la mobilité ou encore réaliser des investissements stratégiques dans certains secteurs, voici des axes qu’il serait bon de ne pas oublier.Les arbitrages budgétaires seront à coup sûr douloureux. Ils le seront davantage si certains persistent à considérer la croissance comme une variable sur laquelle les autorités n’ont aucune prise.
Édito | La croissance, angle mort des débats budgétaires
Les finances publiques ne se redresseront pas uniquement à coup d’économies ou de nouveaux prélèvements. Leur amélioration dépendra aussi de la capacité du pays à générer de la croissance.








