Monde EuropeEurope. Le remaniement voulu par Friedrich Merz pour reprendre la main semble se retourner contre lui. Alors que le chancelier allemand se retrouve contesté jusque dans les rangs de la CDU, son parti aborde les élections régionales de septembre dans un climat de fortes tensions.Publié le 29/07/2026 à 15:30Friedrich Merz à Berlin, le 29 juillet 2026.REUTERSCe remaniement gouvernemental devait relancer le mandat du chancelier allemand. Il s'est pourtant transformé en crise politique au sein de son propre camp, l'Union chrétienne-démocrate (CDU), qui menace de sérieusement fragiliser Friedrich Merz. Après plusieurs jours de spéculations, celui-ci a finalement annoncé le 27 juillet la nomination de Steffen Bilger, 47 ans, ancien secrétaire d'État aux Transports entre 2018 et 2021, au poste de ministre des Transports. Ce dernier remplace Patrick Schnieder, que Friedrich Merz jugeait insuffisamment efficace face aux retards chroniques de la compagnie ferroviaire Deutsche Bahn et au manque de projets destinés à moderniser les infrastructures allemandes. Objectif pour le nouveau ministre : faire en sorte que l'Allemagne devienne "plus rapide et meilleure, pour ouvrir une nouvelle ère de progrès".Chaises musicalesC'est la dernière nomination attendue. Plus tôt dans le mois, un vaste jeu de chaises musicales avait été déclenché par la démission le 18 juillet de Jens Spahn, chef du groupe parlementaire CDU/CSU au Bundestag, qui avait alors quitté ses fonctions après avoir annoncé la naissance d'un fils par gestation pour autrui (GPA) aux États-Unis. Une pratique interdite en Allemagne, et à laquelle il s'était lui-même opposé. Pour lui succéder, Friedrich Merz a choisi son fidèle directeur de cabinet Thorsten Frei, 52 ans, dont la nomination vient d'être approuvée ce mercredi par les députés de l'alliance conservatrice CDU/CSU. Ce dernier sera remplacé à la tête de la chancellerie par Nina Warken, 47 ans, qui deviendra la première femme à occuper cette fonction. Ancienne ministre de la Santé, elle est appréciée par Merz pour sa fermeté, notamment après avoir défendu une réforme de l'assurance maladie qui avait déclenché de grandes manifestations en Allemagne. Son portefeuille est lui confié à Carsten Linnemann, jusqu'ici secrétaire général de la CDU, davantage connu pour son expertise économique que pour les questions sanitaires.Quand la crise de la CDU pollue les élections régionales Présenté par l'équipe du chancelier comme une occasion de reprendre la main, ce remaniement a au contraire déclenché une fronde interne. Plusieurs responsables conservateurs sont allés jusqu'à publiquement critiquer le dirigeant. L'ancien directeur de la chancellerie sous Angela Merkel, Peter Altmaier, s'est dit par exemple "triste et en colère" du traitement réservé à Patrick Schnieder. Le ministre des Transports sortant est en effet resté en poste trois jours après avoir été limogé, car le remplaçant qu'avait initialement choisi Friedrich Merz s'est finalement désisté au dernier moment. Dénonçant sur les réseaux sociaux une "situation indigne qui rend impossible le travail nécessaire", Patrick Schnieder a fini par demander à être relevé de ses fonctions. Le chancelier a lui-même reconnu “beaucoup regretter personnellement” que les événements se soient déroulés ainsi.Une vidéo datant de mai 2025, dans laquelle le nouveau ministre de la Santé, Carsten Linnemann, plaisantait sur le fait qu'il ne serait pas la bonne personne pour ce poste, est par ailleurs devenue virale, avant que l'intéressé ne reconnaisse lundi qu'il lui faudrait du temps pour maîtriser les dossiers du secteur.Une nouvelle mauvaise séquence pour la CDU qui traverse actuellement une passe difficile dans les sondages, alors que des élections régionales décisives arrivent à l'automne. Dans le Land de Saxe-Anhalt, où le scrutin est prévu le 6 septembre, l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) devance la CDU de 17 points, et pourrait devenir le premier parti d'extrême droite à obtenir une majorité absolue dans un Land. Sur une chaîne de télévision allemande lundi, le chef de la CDU en Saxe-Anhalt Sven Schulze a estimé que les polémiques fédérales rendaient "presque impossible" une campagne axée sur les enjeux locaux. Le groupe parlementaire CDU de Rhénanie-Palatinat a été jusqu'à annuler une réunion avec Friedrich Merz. Malgré ces critiques, Friedrich Merz assure espérer que "l'ambiance se calmera" d'ici aux élections de septembre.
Allemagne : Friedrich Merz sous le feu des critiques après un remaniement laborieux
Le remaniement voulu par Friedrich Merz pour reprendre la main semble se retourner contre lui. Alors que le chancelier allemand se retrouve contesté jusque dans les rangs de la CDU, son parti aborde les élections régionales de septembre dans un climat de fortes tensions.













