Monde EuropeRoyaume-Uni. Le parti travailliste reprend le dessus dans les intentions de votes et s'impose désormais en favori devant le parti Reform UK de Nigel Farage. Une première depuis mars 2025.Par Juliette LaffontPublié le 28/07/2026 à 17:42Le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, prononce un discours devant le 10 Downing Street après sa prise de fonction, à Londres, au Royaume-Uni, le 20 juillet 2026.REUTERSCe n'était pas arrivé depuis plus d'un an. Le parti travailliste devance le parti d'extrême droite Reform UK dans un important sondage d'opinion paru ce lundi 27 juillet au Royaume-Uni. Le Labour surfe sur la dynamique créée par Andy Burnham au cours de sa première semaine en tant que Premier ministre. Tandis qu'à l'autre extrémité du spectre, Reform UK et son leader, Nigel Farage, pâtissent ces dernières semaines de plusieurs scandales, qui ont terni leur image : dons et contributions non déclarés, conseiller reconnu coupable de fraude...Selon le dernier sondage hebdomadaire réalisé par l'ONG More in Common, le parti travailliste gagne quatre points cette semaine et grimpe à 28 % de popularité, tandis que Reform et les Verts perdent respectivement deux et trois points, tombant ainsi à 24 % et 8 %. Les conservateurs restent quant à eux stables à 22 %, tandis que les libéraux-démocrates progressent d'un point à 12 %."Notre dernier sondage montre un renversement de tendance. Le Labour passe en tête avec quatre points d'avance. C'est sa première avance depuis mars 2025 et son meilleur score depuis novembre 2024", a déclaré le directeur de More in Common au Royaume-Uni Luke Tryl. Une évolution qui découle selon lui du "Burnham bounce", soit un regain de popularité lié au nouveau Premier ministre.Andy Burnham multiplie les annoncesD'autres instituts de sondage ont fait état d'une tendance similaire ces derniers jours : la preuve semble-t-il que l'attention portée par le nouveau Premier ministre à la question du pouvoir d'achat porte ses fruits. Les mesures proposées par Andy Burnahm lors de sa première semaine – réduction des taxes sur les factures d'énergie, plafonnement des tarifs de bus et baisse des impôts fonciers pour les pubs et les clubs – ont été globalement bien accueillies. Le locataire du 10 Downing Street, qui dit ne pas vouloir s'emballer trop vite, est attendu cette semaine sur les thèmes du chômage des jeunes, des aides sociales ou encore du logement.Pour autant, la rapidité avec laquelle ses annonces ont été faites lui a valu quelques critiques, tant de l'opposition que de certains membres du Labour, qui estiment que leur financement n'a pas été suffisamment détaillé. La baisse de TVA sur l'électricité, qui permettrait d'économiser en moyenne 45 £ par an et par foyer, devra encore être financée lors du budget d'automne. Des interrogations portent également sur le financement du plafonnement des tarifs de bus hors de Londres à 2 £. Reform UK en perte de vitesseFace à Andy Burnham, Reform UK semble être en perte de vitesse. Depuis les élections locales de mai 2025, où il avait réalisé une percée spectaculaire, le parti dominait tous les grands sondages nationaux. Mais son score moyen est progressivement passé d'un pic de 30 % en octobre dernier à environ 25 % aujourd'hui, selon l'agrégateur de sondages du Telegraph. Et pour cause : les électeurs reprochent au leader du parti Nigel Farage son manque de proximité avec les citoyens, certains pointant du doigt son absence de permanences régulières dans ses circonscriptions et sa fortune déconnectée des réalités de ses électeurs. Parallèlement, Farage n'a pas réussi à faire table rase des allégations de corruption qui pèsent sur lui. En particulier depuis que le Guardian a révélé, en avril, qu'il avait reçu 5 millions de livres sterling du milliardaire des cryptomonnaies Christopher Harborne peu avant d'annoncer sa candidature aux élections générales de 2024. L'organisme de surveillance du Parlement britannique a ouvert une enquête en mai afin de déterminer si ce versement était conforme aux règles imposant aux députés de déclarer tout don ou cadeau potentiellement pertinent reçu au cours des douze mois précédant leur entrée en fonctions.Entre-temps, il est aussi apparu que George Cottrell, collaborateur de longue date de Farage et fraudeur condamné, finançait plusieurs avantages non déclarés du leader de Reform : l'usage d'une maison située près de Buckingham Palace, du personnel chargé d'améliorer sa présence sur les réseaux sociaux ainsi que des frais de sécurité. Une autre enquête a donc été ouverte par la police métropolitaine, pour déterminer si ces pratiques étaient hors la loi. Des accusations fermement démenties par le parti réformiste, mais qui pèsent déjà dans les intentions de vote. Une chose est sûre : son nouveau concurrent à droite, Restore Britain, lancé par un ancien de Reform, ne pouvait espérer mieux...