Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Société Société Société École primaire et secondaire École primaire et secondaire École primaire et secondaire Emmanuel Macron avait fixé, en 2018, l’objectif de doubler le nombre d’élèves dans les lycées français de l’étranger en 2030. Mais cette croissance est portée par des établissements scolaires parfois issus de groupes privés à but lucratif. Deux rapports parlementaires rendus en juillet alertent sur les dangers d’une expansion jugée trop rapide. Article réservé aux abonnés Tout a commencé en 2018, quand le président de la République, Emmanuel Macron, louant les possibilités de rayonnement virtuellement sans limite de l’éducation à la française, a décidé d’un cap : doubler, d’ici à 2030, le nombre d’inscrits dans le réseau des lycées français à l’étranger, qui accueille des élèves de la petite section de maternelle à la terminale. Quelques années plus tard, le bien nommé « Cap 2030 » a partiellement porté ses fruits : l’effectif a augmenté, sans toutefois atteindre l’objectif fixé par le président, avec 400 000 inscrits contre 350 000 en 2017, dont 120 000 Français, répartis dans 612 établissements. Mais l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE) ne reçoit pas davantage d’argent de l’Etat. Au contraire, elle en aurait même plutôt moins, puisque le niveau de subventions est aujourd’hui équivalent à celui de 2019. La croissance du réseau est portée par des établissements dits « partenaires », qui ne reçoivent aucune subvention en dehors des bourses octroyées à certains étudiants. Selon des chiffres communiqués par l’Agence, le nombre de ces établissements est en hausse de 46 % alors que la part des lycées du réseau « historique » n’augmente pas, ni en nombre d’établissements ni en volume d’élèves accueillis. Ces établissements partenaires sont aujourd’hui accusés d’être les fers de lance d’une dérégulation du système : « augmenter le nombre d’élèves sans augmenter les subventions revient à laisser s’engouffrer dans notre réseau des structures qui sont là pour gagner des gros sous », s’agace Xavier Auger, représentant des enseignants français à l’étranger à la CFDT. Pour le syndicaliste, cette ouverture aux investisseurs, y compris issus de grands groupes privés – certains de ces établissements sont financés par des entreprises comme Odyssey Education ou Globeducate –, pose la question de « ce que l’on veut » pour l’AEFE. Onze pays « cibles » Pour lui, cette dernière n’est plus, dès lors, un « service public d’éducation française à l’étranger », mais un réseau d’établissements labellisés. A ces critiques, la ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, Eléonore Caroit, répond que les établissements de l’AEFE sont tous « privés » au sens où l’entend un usager français, puisque les élèves s’acquittent de frais de scolarité. Et que sa vocation n’a jamais été de transposer l’éducation nationale à l’étranger. Il vous reste 56.12% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
La croissance des lycées français de l’étranger, portée par des groupes privés, fait craindre une « dérégulation » du système
Emmanuel Macron avait fixé, en 2018, l’objectif de doubler le nombre d’élèves dans les lycées français de l’étranger en 2030. Mais cette croissance est portée par des établissements scolaires parfois issus de groupes privés à but lucratif. Deux rapports parlementaires rendus en juillet alertent sur les dangers d’une expansion jugée trop rapide.






