L’offre de logements s’accroît au Québec, ce qui devrait exercer une pression à la baisse sur les prix. Or, ce n’est pas ce qu’on observe — du moins, pas partout. Le Devoir fait le point.

Que se passe-t-il avec l’offre de logements au Québec ?L’offre de logements locatifs ne cesse d’augmenter dans la province, ce qui a contribué à augmenter le taux d’inoccupation des logements, explique Maëlle Boulais-Préseault, économiste chez Desjardins, dans une étude parue lundi. La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) prévoit que le taux d’inoccupation atteindra 3,8 % en 2026 et 4,5 % l’an prochain. Il était de 2,1 % en 2024.« En théorie, une offre plus abondante devrait contribuer à réduire la pression sur les loyers et améliorer l’abordabilité. Or, cette amélioration tarde à se matérialiser », écrit Mme Boulais-Préseault. C’est que l’offre ne répond pas vraiment à la demande. Les nouveaux logements construits sont trop chers pour bon nombre de ménages, qui vont préférer louer de plus vieux appartements, mais à un prix plus abordable.Signe que l’offre est boudée par les locataires, le taux d’inoccupation était de 3,1 % à Montréal l’an dernier, mais il s’élevait à 5,6 % pour les appartements construits après 2015, relève la coopérative.Est-ce que les loyers diminuent ?Pas vraiment. Le loyer moyen a augmenté de 10,1 % dans la province l’an dernier. À Montréal, la SCHL prévoit que le loyer d’un logement de deux chambres sera de 1500 $ en 2028, par rapport à 1176 $ en 2024. Mais cela cache deux réalités : les loyers payés par l’ensemble des locataires augmentent, tandis que les loyers affichés pour les logements vacants diminuent légèrement.Par exemple, dans les régions de Gatineau, de Montréal et de Québec, le loyer demandé pour un appartement disponible de deux chambres a baissé respectivement de 1,2 %, de 1,6 % et de 2,7 % au premier trimestre. « C’est [dans] le marché des logements neufs que l’on commence à avoir un certain relâchement », explique Maëlle Boulais-Préseault en entrevue. Les promoteurs multiplient les offres pour remplir les nouveaux logements disponibles.Du côté des appartements occupés, la situation est tout autre. Les logements plus anciens sont prisés en raison de leurs loyers plus abordables, mais cela fait augmenter la demande… et donc les loyers. Le Tribunal administratif du logement a aussi suggéré des augmentations de loyer pouvant atteindre 5,9 % en 2025 et 3,1 % en 2026 pour les logements existants, ce qui a contribué à la hausse du loyer moyen.