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ReportageDans un contexte de violences exacerbées par le pouvoir israélien, les résidents de Sinjil veillent jour et nuit pour se défendre des intrusions des colons, installés illégalement dans le voisinage.

A flanc de colline, en face de Sinjil, des volutes de fumée flottent au-dessus d’un champ. Samedi 25 juillet, un groupe de colons violents a incendié ce bout de terrain appartenant à la ville de 8 000 habitants, au centre de la Cisjordanie occupée. « Heureusement, ils ont rapidement pris la fuite, car nous les avons aperçus à temps », raconte Fouad Towafsheh, 44 ans, rencontré le lendemain, sur le vaste balcon du troisième étage de sa maison.

Assis dans un des canapés à motif posés sur du faux gazon, le père de cinq enfants scrute le moindre mouvement des colons installés – illégalement au regard du droit international – de l’autre côté de la vallée. Pour être sûr que rien n’échappe à sa vigilance, l’ancien vendeur de vêtements, qui a vécu quinze ans à la Martinique et presque une décennie entre le Tennessee et la Floride, aux Etats-Unis, avant de retourner dans son village natal, ne dort que deux ou trois heures par nuit, et s’accorde une longue sieste le matin. Le reste du temps, il monte la garde.