L’interruption du concert de la DJ Barbara Butch, le 18 juillet, à Grenoble, par des militants propalestiniens et des « insoumis » locaux – sous les cris, les doigts d’honneur et le jet de quelques projectiles – montre le danger de l’orientation politique choisie par le mouvement populiste depuis près de trois ans : celui de conflictualiser le débat politique français autour de la question palestinienne.
Le prétexte de la mobilisation était la signature, en mars, par la DJ de 45 ans, artiste juive et figure LGBTQ+, d’une tribune en soutien à la proposition de loi contestée de la députée Caroline Yadan contre « les nouvelles formes d’antisémitisme » (que l’artiste avait entre-temps publiquement regrettée), ainsi qu’une prestation à la résidence de l’ambassadeur de France en Israël, le 12 juin 2025. En omettant la nette prise de distance de l’artiste avec la loi Yadan, les organisateurs de l’action de Grenoble, qui appelaient au boycott du concert, réduisent Barbara Butch à une supposée solidarité avec le gouvernement israélien sur le seul fondement de sa confession religieuse.
Manifestation de l’Union des étudiants juifs de France, en soutien à Barbara Butch, à Paris, le 20 juillet 2026. XAVIER GALIANA/AFP













