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ReportageAu-delà du cercle polaire, dans l’extrême nord-est de la Scandinavie, guillemots, goélands et cormorans survolent un paysage de toundra et de falaises quasi inhabité.

Le vent est glacial sur l’île de Hornoya, au large de la péninsule de Varanger, dans l’extrême nord-est de la Norvège, face à la mer de Barents et aux côtes septentrionales de la Russie. En cette fin du mois de juin, il fait à peine 10 °C. Les battements d’ailes de milliers d’oiseaux en vol produisent comme un énorme souffle dans l’air. Après avoir plongé dans la mer pour se nourrir de capelans, les guillemots de Troïl rejoignent par nuées, dans un ciel nuageux, les falaises de cette île inhabitée.

Un spectacle fascinant, d’autant qu’il est couvert par les cris stridents des oiseaux, sous le regard impassible et amusé des cormorans huppés et des macareux moines, reconnaissables à leur bec orange et jaune, guère dérangés par notre présence. Chaque été, des centaines de milliers d’oiseaux migrateurs rejoignent ainsi les terres arctiques de la péninsule de Varanger pour s’y reproduire. Baignée par le Gulf Stream, la mer de Barents à cet endroit n’est pas prise par les glaces et, de ce fait, regorge de plancton et de petits poissons, apportant leur nourriture aux oiseaux sauvages. A Hornoya, on en compte plus de 80 000.