Le seul établissement postsecondaire francophone de l’Alberta efface progressivement les traces de son passé francophone et tend vers l’anglicisation, selon certains de ses professeurs, anciens et actuels, et des membres de la communauté de langue française.L’Université a tour à tour retiré des mosaïques de cohortes de finissants francophones, démantelé le chapitre francophone de son regroupement d’anciens étudiants, remplacé une cérémonie de fin d’études en français par une cérémonie presque entièrement en anglais et enlevé du campus des artefacts importants pour la communauté francophone, sans l’en informer au préalable et sans la consulter.« Si ce n’est pas de l’effacement, je ne sais pas ce que c’est. » Carol Léonard est un professeur à la retraite du Campus Saint-Jean, où se donnent les cours en français de l’Université de l’Alberta. Il mène depuis plusieurs années une lutte contre ce qu’il qualifie sans détour d’« effacement » de la présence francophone sur le campus. Depuis trois ans, il compile les décisions en ce sens de l’Université, avec le Collectif d’anciens professeurs de l’Université de l’Alberta et de leaders de la communauté franco-albertaine.« Il est important pour nous d’affirmer très clairement que nous ne cherchons en aucun cas à effacer l’histoire ou à oublier le passé », a répondu l’Université de l’Alberta dans une déclaration écrite, après avoir décliné, en anglais, la demande d’entrevue du Devoir.Elle justifie ces changements de plusieurs manières : le processus de « réconciliation et de décolonisation du Campus », la conformité aux règles relatives à la vie privée, le réaménagement de certains locaux — ou encore la simple modernisation du campus.« L’Université de l’Alberta demeure pleinement engagée pour l’enseignement postsecondaire en français et la vitalité à long terme du Campus Saint-Jean », dit-elle.L’implication du gouvernement fédéral
L’Université de l’Alberta accusée d’effacer sa francophonie
Les communautés francophones dénoncent l’aide du gouvernement fédéral dans cette démarche d’anglicisation.
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